Sterling Downey: une motion pour que Montréal combatte l’intimidation
Sterling Downey réclame qu’une politique de lutte contre l’intimidation soit mise en place à Montréal. Il déposera à cet effet une motion le 22 février au conseil municipal de la ville.
Le conseiller de Desmarchais-Crawford, appuyé par François Limoges, conseiller de Saint-Édouard, a annoncé son geste de manière très claire vendredi en affichant la photo de ladite motion sur sa page Facebook.
Dans cette dernière, il demande que « le conseil municipal mandate le Service du développement social et de la diversité montréalaise pour élaborer une politique de lutte contre l’intimidation». «Le seul recours contre l’intimidation présentement est une poursuite au criminel, mais il faut des preuves. Avec un règlement municipal, ça deviendrait tolérance zéro, et des amendes pourraient être données», explique Sterling Downey.
La motion exige par ailleurs que la journée du 24 février 2016 soit aussi reconnue à Montréal comme «Journée de sensibilisation contre l’intimidation». Le 24 février est déjà une journée nationale de prévention contre l’intimidation dans les écoles, connue sous le nom de «Pink Shirt day».
S’inspirer de Drummondville
«Présentement, les jeunes, les centres d’achat et différents organismes organisent des actions, mais pas la ville. Ça doit aller plus loin», lance Sterling Downey. En plus de donner un pouvoir d’action aux victimes, la politique permettrait de poser des gestes de prévention, d’expliquer et de montrer aux victimes qu’elles ne sont pas seules, selon ce dernier.
Une loi a été adoptée en 2012 visant à contrer l’intimidation dans les écoles, mais cette loi à ses limites poursuit Sterling Downey. «L’intimidation ne s’arrête pas à la porte des écoles. Ça continue dans les parcs, les arénas, les centres communautaires et dans les réseaux de transport».
En tant qu’élu et responsable des espaces publics, Sterling Downey se sent interpellé par ce problème et souhaite que la ville agisse, comme l’ont déjà fait d’autres villes canadiennes, dont Drummondville, en adoptant des règlements interdisant l’intimidation. «Au moins, Drummondville a bougé, ce que Montréal n’a jamais fait», dénonce l’élu.
Sterling Downey n’a pourtant pas beaucoup d’espoir quant à l’adoption de cette motion, car «l’intimidation existe aussi dans le milieu politique», souligne-t-il en précisant qu’il fait après tout partie de l’opposition.
Une motion pas convaincante
Pour Jasmin Roy, l’initiative lancée par Sterling Downey n’est peut-être pas la bonne.
Celui qui est président d’une fondation dont le rôle est de sensibiliser la population à l’importance de lutter contre l’intimidation, avance que «puisqu’il existe déjà une semaine de sensibilisation sur l’intimidation, il faudrait peut-être voguer sur ce qui existe déjà», sans nécessairement balayer l’idée du revers de la main.
Par rapport à la proposition de donner des amendes pour intimidation, Jasmin Roy croit qu’il faut plutôt s’assurer de «créer des milieux plus positifs et bienveillants plutôt que de privilégier l’oppression». «Je trouve qu’il y a déjà assez de lois qui sont là et qui ont de la difficulté à être appliquées», admet-il.
Jasmin Roy ne sait d’autant pas plus comment on pourrait légiférer l’intimidation et accorder des contraventions puisque celle-ci se définit comme un geste de violence ou de harcèlement répété. « Il faut être capable de démontrer la répétition», explique-t-il. Selon lui, le Code criminel s’applique déjà pour les voies de fait, la violence et l’intimidation.
Selon une étude réalisée par l’institut de la statistique du Québec en 2013, 37% des élèves québécois du secondaire ont avoué avoir été victimes de violence ou d’autres formes d’intimidation à l’école ou sur le chemin de l’école.