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Lock-out chez Brault & Martineau: les syndiqués répliquent

Photo: Josie Desmarais/Métro

Refusant de «plier les genoux» face à une stratégie «d’intimidation» , le syndicat d’Unifor représentant les 219 employés du centre de distribution de Brault & Martineau à Montréal-Est compte faire pression afin de mettre un terme au lock-out décrété par la compagnie le 28 février dernier.

Lundi matin, une réunion d’urgence a été convoquée par Unifor avec l’exécutif syndical, afin d’établir un plan de match pour les prochains jours, notamment, la mise en place de lignes de piquetage au centre de distribution.

«C’est sûr que nous allons nous mobiliser afin de montrer notre mécontentement face à cette situation que nous jugeons inacceptable», explique Olivier Carrière, représentant national chez Unifor.

Des changements proposés par la compagnie au régime de retraite des futurs employés du centre de distribution seraient au cœur du litige entre le syndicat et la direction de l’entreprise qui négocient actuellement le renouvellement de la convention collective des travailleurs échue depuis le 31 décembre 2015.

Selon le syndicat, les futurs employés se verraient imposer un régime de retraite à cotisations déterminées, contrairement au régime de retraite à prestations déterminées, dont bénéficient actuellement les travailleurs du centre de distribution.

«Ce nouveau régime que l’employeur veut imposer aux futurs salariés fait en sorte qu’ils n’ont aucune garantie en ce qui concerne leur revenu au moment de la retraite. C’est beaucoup plus dangereux pour les travailleurs qui auront à assumer tout le risque alors que la compagnie s’en lave pratiquement les mains», explique M. Carrière.

Il explique que lors de la dernière assemblée générale, 97 % des membres du syndicat ont rejeté l’offre patronale, et ce, malgré les menaces de lock-out de la part de la compagnie.

«Ils le savaient tous, et ils ont fait le choix de refuser ces conditions de travail à rabais pour leurs futurs collègues», raconte M. Carrière.

Crainte et intimidation
Questionnés par TC Media au téléphone, deux employés du centre de distribution, qui ont préféré taire leurs noms, expliquent craindre un lock-out de longue durée.

«Lorsqu’on m’a appelé hier soir pour me dire que nous étions en lock-out, je me suis dit qu’il était temps de me trouver un autre emploi. Je n’ai pas le choix, j’ai des factures à payer, et je ne peux pas me permettre d’être sans revenu en ce moment.»

Ce même employé, qui travaille au centre de distribution depuis une quinzaine d’années souligne qu’il ne croit pas que le syndicat pourra gagner cette bataille contre l’employeur.

«Je comprends qu’il faut soutenir la cause, mais personnellement, je n’ai pas envie de me battre pour des futurs employés, alors que je ne peux pas payer mon loyer à cause du lock-out.»

L’autre salarié croit pour sa part qu’il s’agit d’une stratégie d’intimidation mise en place par la compagnie.

«Deux magasins se sont récemment syndiqués sur la Rive-Nord. Je pense que c’est un message très clair d’intimidation que l’employeur veut nous envoyer, mais nous ne nous laisserons pas faire. Nous nous battrons pour les nôtres, tout comme des anciens se sont battus pour nous.»

Opérations maintenues
Dans un communiqué, le Groupe BTMC, compagnie mère des détaillants Brault et Martineau et Ameublements Tanguay, maintient que les opérations dans tous ses magasins ainsi que son service à la clientèle « ne seront pas affectés par le lock-out» et que les opérations de livraison seront également maintenues sans interruption de service.

Au moment d’écrire ces lignes, le Groupe BTMC n’avait toujours répondu à notre demande d’entrevue.

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