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Attaque informatique: la Cité de Dorval victime d’extorsion

Attaque informatique: la Cité de Dorval victime d’extorsion

Tous les dossiers de correspondance interne des élus et fonctionnaires de la Cité de Dorval ont été piratés et tenus en otage par des cybercriminels, en septembre dernier. La Ville a déboursé près de 1000$ pour les récupérer.

«Nous avons été chanceux, avoue le chargé de communication à Dorval, Sébastien Gauthier. Aucun dossier public de la municipalité n’a été touché dans cette opération».

«Nous n’avons pas porté plainte à la police», ajoute M. Gauthier, estimant que cela aurait «demandé trop d’efforts».

Radio-Canada a diffusé un reportage mercredi dans lequel il était mentionné que la Cité de Dorval avait été victime d’une attaque informatique.

Jeudi, TC Media a appris que la municipalité avait décidé de payer la somme demandée par les arnaqueurs. Les autorités ont versé l’argent en «bit coins», une monnaie utilisée pour des transactions sur Internet. C’est ce qu’a précisé Sébastien Gauthier.

Rouleau: surpris et agacé
Le maire de Dorval, Edgar Rouleau, qualifie la situation de «surprenante et agaçante». Il déclare que la municipalité avait décidé de payer pour récupérer rapidement tous ses dossiers.

«Nous avons pris toutes les dispositions possibles pour fermer toutes les portes et pour être plus sécurisés», affirme M. Rouleau. Mais, ajoute-t-il, «les hackers sont bons et nous ne sommes jamais à l’abri». Le service informatique de la municipalité effectue désormais plus de mises à jour de ses données pour éviter que cela se reproduise.

La Cité de Dorval a aussi prévenu les autres villes autonomes de l’île de Montréal de ce qui venait de lui arriver, les invitant à la prudence et à la vigilance relativement à leurs systèmes informatiques.

Récupérer les données
La municipalité a choisi de faire appel rapidement à une firme spécialisée, chapeautée par son service informatique. «Il a fallu une demi-journée pour récupérer nos données et environ deux jours pour repartir notre système sur une base béton», explique M. Gauthier.

«Voilà une situation qui arrive des dizaines de fois par jour sur la planète», affirme Mathieu Jacques, technicien informatique, propriétaire de l’Équipe Microfix, basée à Terrebonne.

«Ce sont les systèmes informatiques mal sécurisés qui favorisent et encouragent les pirates», soutient M. Jacques. Comme l’explique le technicien, le virus arrive généralement par courriel dans des fichiers Word ou PDF. Les données sont alors encryptées, il y a extorsion et il n’y a plus de «back-up» possible. Tout est perdu.

«Si vous ne tenez pas à vos données piratées, ne payez pas la rançon pour les récupérer, déclare Mathieu Jacques, mais si vous y tenez, vous n’avez pas le choix de payer».

«Nous sommes là pour aider les victimes, ajoute M. Jacques. Nous sommes comme le dernier recours». Microfix, qui compte 25 employés, assure un support technique à ses clients, dont plusieurs grandes entreprises, 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine.

Selon M. Jacques, il y aurait présentement 600 000 ordinateurs infectés en Amérique. Le propriétaire de Microfix affirme aussi que «seulement un ordinateur sur dix est bien sécurisé».

Les plaintes pour cybercriminalité passent par la police locale, comme le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ou par la Sûreté du Québec (SQ) ou encore en partenariat entre les postes de quartier (PDQ) et la SQ. Les victimes peuvent aussi s’adresser au service Anti-fraude Canada.

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