Les travailleurs des postes réclament l’intervention de Trudeau
MONTRÉAL – Frustrés par la lenteur des négociations, les membres du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont décidé de s’adresser directement au premier ministre Justin Trudeau, samedi.
Plusieurs centaines de travailleurs ont manifesté bruyamment devant le bureau de comté du premier ministre, à l’intersection des rues Jarry et Lajeunesse, dans l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc Extension.
Sans contrat de travail depuis 9 mois, les employés accusent la direction de Postes Canada de vivre encore dans l’ère Harper.
« La vision du gouvernement libéral, qui a été choisi par les Canadiens lors des dernières élections, n’est pas ce que Postes Canada amène à la table de négociations », a résumé Yannick Scott, dirigeant régional à l’éducation du STTP.
Le syndicat reproche à la partie patronale de se «traîner les pieds» quant aux dossiers de l’équité salariale, des fonds de pension et de la sécurité, des enjeux pourtant chers aux yeux du gouvernement Trudeau.
«Les employeurs n’ont pas encore adopté la volonté et l’idéologie du gouvernement en place. Ils négocient encore comme s’ils étaient encore sous l’égide du gouvernement conservateur », a souligné M.Scott.
« Les bottines doivent suivre les babines, a illustré Nancy Beauchesne, négociatrice pour le STTP. Les libéraux se sont faits élire en promettant le rétablissement de la livraison à domicile, en parlant de importance des fonds de pension et de l’équité entre les hommes et les femmes, etc. »
«Postes Canada appartient au gouvernement. Le gouvernement doit mettre son pied à terre et dire à la direction de Postes Canada : “voici ce que vous devez négocier”. »
La question de l’équité salariale est particulièrement litigieuse. Au cœur du problème, la rémunération des FFRS (Factrices et facteurs ruraux et suburbains), qui gagne en moyenne 30% de moins que leurs collègues en zone urbaine. Or, 70% des FFRS sont des femmes.
« On est en 2016 ! Le premier ministre l’a dit lui- même et il a formé un cabinet paritaire, rappelle Mme Beauchesne. Ce n’est pas normal qu’un tel écart de salaire existe encore. »
Le STTP est doté d’un mandat de grève approuvé par plus de 90% de ses membres en juin dernier. De son côté, Postes Canada a abandonné sa menace de lock-out à la mi-juillet.