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Un cri du coeur pour les CPE

Photo: Métro

Une centaine de travailleuses des centres de la petite enfance (CPE) se sont rassemblées devant les bureaux montréalais du ministère de la Famille, samedi, afin de dénoncer les coupes gouvernementales dans le réseau public des garderies.

Les éducatrices manifestaient leur désarroi devant les coupures de 74 millions $ qui seront imposées aux CPE du Québec le 1er avril 2017. Cette somme s’ajoute aux compressions de 46 millions $ effectués en 2014.

«Les coupures ont des impacts directs sur les services aux enfants, a soutenu Nathalie Fontaine, porte-parole et présidente par intérim du Syndicat des travailleuses (eurs) des centres de la petite enfance de Montréal et Laval, affilié à la CSN. Oui, en tant qu’éducatrice, on pense à nos conditions de travail, mais aujourd’hui on est là avant tout pour les enfants.»

Selon elle, les répercussions des coupes sont multiples et affectent l’ensemble du fonctionnement des CPE : abolition de postes, réduction des heures travaillées, baisse de la qualité de la nourriture offerte aux enfants, diminution des sorties éducatives, des services d’orthophonie et d’éducation spécialisée.

« On commence à traiter nos enfants comme on traite malheureusement nos aînés : comme une colonne de chiffres » – Luc Bastien, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN

«Il n’y a plus rien à couper. On n’est pas dans le gras, on gruge après l’os », a illustré Mme Fontaine. Le gouvernement est en train d’envoyer un message clair : il ne veut plus des CPE. Ce qu’il veut, ce sont des garderies privées.»

La réduction des moyens va jusqu’à menacer la mission éducative des CPE, selon plusieurs intervenants rencontrés.

«Les coupures amènent beaucoup d’incertitude pour les éducatrices», a raconté Michèle Nolin, qui travaille depuis 32 ans au CPE La Ruche, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

«On fait moins de pédagogie, on court partout, ça bouscule les enfants. On ne respecte plus notre approche pédagogique et notre mission éducative.  Le gouvernement ne comprend pas l’aspect humain de notre métier.»

Négociations

À l’échelle provinciale, les travailleuses des CPE affiliées à la CSN ont amorcé cet été le processus de renouvellement de leur convention collective. Dans le contexte actuel, le syndicat prévoit une lutte difficile.

«On ne s’attend pas à des miracles de la part d’un ministre de l’Éducation (Sébastien Proulx) qui coupe partout, a concédé Nathalie Fontaine. Ce serait assez étonnant qu’il reconnaisse notre travail d’éducatrice d’un côté et qu’il massacre le réseau des CPE de l’autre.»

La CSN réclame notamment les mêmes augmentations de salaire que celles obtenues par les employés des secteurs public et parapublic, une hausse de la participation des employeurs au programme d’assurances collectives et une harmonisation des conditions de travail. La convention est échue depuis le 31 mars 2015.

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