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Gare au «kidnapping virtuel» à Montréal, soutient le SPVM

Gare au «kidnapping virtuel» à Montréal, soutient le SPVM
Photo: Getty Images/iStockphoto

Connaissez-vous le «kidnapping virtuel»? Déjà connu et documenté dans le monde, ce phénomène d’extorsion en ligne apparu à Montréal il y a quelques mois vise surtout les étudiants étrangers et, plus particulièrement, «les étudiants d’origine chinoise qui ont des membres de leur famille qui habitent encore en Chine».

C’est ce qu’a souligné lundi la division Cyberenquête du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dans un appel à la vigilance lancé à toute la population montréalaise.

D’après le corps policier, le phénomène n’est pas nouveau, «mais il a fait plusieurs victimes au cours des deux dernières années» au Canada, à Vancouver notamment. Il aurait fait des premières victimes à Montréal «il y a quelques mois».

Le stratagème, basé sur la peur, consiste essentiellement «à faire croire aux victimes qu’elles, ou leurs proches, sont en danger», dit le SPVM. Les fraudeurs utilisent traditionnellement le téléphone pour parvenir à leurs fins, envoyant d’abord un appel automatisé en mandarin à leurs victimes, se faisant passer pour la police ou le gouvernement chinois.

On explique ensuite à la personne contactée qu’elle est impliqué dans une enquête chinoise et qu’elle doit effectuer un ou des paiements pour s’en sortir indemne. Cette première étape de dissuasion «s’échelonne habituellement sur plusieurs jours» d’après le SPVM, et ce, afin de multiplier les montants qui seront versés par la victime.

Mais cela ne s’arrête pas là. Si l’opération le satisfait, le fraudeur amène ensuite sa victime à réaliser une vidéo pour «mettre en scène son propre enlèvement». Ladite vidéo est ensuite acheminée à la famille de la victime, qui doit à son tour payer une rançon pour assurer sa sécurité.

Sollicitation constante
Tout au long du processus, «la victime reste en contact permanent avec les suspects», selon le SPVM, qui réitère s’inquiéter de l’arrivée de cet enjeu à Montréal.

Si quelqu’un vous demande au téléphone de garder cet appel secret – ou qu’il tente de vous tenir en ligne pendant «un long moment» – il pourrait s’agir d’un cas de tentative de «kidnapping virtuel», prévient le service de police.

«Un corps de police ne vous obligera jamais à entreprendre une action sans avertir une proche, et sans prendre le temps d’obtenir des conseils juridiques.»  -Extrait du document transmis par le SPVM

En mai dernier, un cas de «kidnapping virtuel» avait fait beaucoup de bruit à Halifax. La police locale, qui avait d’abord reçu une demande d’intervention pour l’enlèvement d’une étudiante, avait finalement retrouvé celle-ci saine et sauve, quelques heures plus tard. Les autorités avaient alors conclu à «une escroquerie sur Internet», dont le modus operandi était le même que celui décrit précédemment. La jeune femme avait été contactée par des inconnus qui la sommaient de lui verser de l’argent pour être innocentée.

Quoiqu’il en soit, il est fortement recommandé d’aviser les autorités policières, en cas de doute, et de conserver le numéro de téléphone du suspect allégué pour faciliter le travail des enquêteurs. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, «contactez le 911», insiste le SPVM.