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Entretien du métro: la STM met les bouchées doubles

Lionel-Groulx
Le métro Lionel-Groulx se situe à la jonction de la ligne orange et verte. Photo: Pablo Ortiz/Métro

La Société de transport de Montréal (STM) met les bouchées doubles dans l’entretien du réseau du métro de la métropole afin de rattraper le temps perdu. Aperçu d’une «course contre la montre» qui se déroule chaque nuit dans cet immense réseau souterrain.

«Il y a eu un retard dans l’entretien il y a plusieurs années. On essaie de rattraper le retard. Et comme le métro vieillit, chaque année des tâches s’ajoutent à la liste des choses à faire», a expliqué jeudi à Métro le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb.

Alors qu’environ 150M$ ont été investis en 2017 dans le maintien des actifs et l’accessibilité du réseau de métro, ce montant devrait grimper à 270M$ cette année, puis à 400M$ par année dès 2022. Des investissements qui sont nécessaires pour éviter que les déplacements des usagers soient affectés par le vieillissement de ce réseau souterrain, juge la STM.

«Le risque, c’est qu’on pourrait avoir une multiplication des pannes et des arrêts de service. C’est pour ça que c’est important d’investir de façon proactive et d’investir au bon moment», a indiqué le directeur de projets principal à la STM, Donald Desaulniers.

La STM investira un peu plus de 1,6G$ entre 2020 et 2025 dans son réseau du métro, ce qui permettra notamment l’ajout d’ascenseurs dans 27 stations, la réfection d’escaliers mécaniques et la mise à niveau du système de ventilation des tunnels.

Visite nocturne
Métro a pris part dans la nuit de mercredi à jeudi à une visite nocturne du réseau souterrain de la STM, où se déroulent simultanément chaque nuit quelque 130 chantiers allant de l’installation d’ascenseurs dans des stations à des travaux d’étanchéité des murs et d’entretien des rails, entre autres.

À 1h30, dès que le courant électrique qui alimente les rails est coupé, plus de 200 employés d’entretien sont déployés dans les tunnels et différentes stations du réseau jusqu’à la reprise du service quatre heures plus tard. Pendant que certains d’entre eux réalisent des travaux de soudure sur les rails, d’autres remplacent progressivement un mur de fondation en fin de vie à la station Jean-Talon ou encore solidifient la voûte de la station Mont-Royal, où sera installée un ascenseur d’ici 2022.

«C’est vraiment une course contre la montre qu’on vit chaque nuit. On a vraiment une courte période de temps pour remettre les stations disponibles à la clientèle tôt le matin pour qu’il n’y ait pas de retards de service», a noté le directeur de l’entretien des équipements fixes du réseau, Martin Chartrand, lors d’un arrêt entre deux stations de la ligne orange.

L’arrivée du printemps vient d’ailleurs alourdir la charge de travail des employés d’entretien alors que plusieurs infiltrations d’eau dans les tunnels ont lieu chaque année autour des mois de mars et d’avril en raison de la fonte des neiges.

«Ça va couler pendant un mois ou deux, puis ça va se calmer», a dit M. Chartrand, qui explique que l’eau qui entre dans les tunnels est dirigée vers une rigole, puis dans «une cuvette» pour être ensuite évacuée grâce à plus de 400 pompes réparties dans le réseau.

«Une grosse balayeuse»
La STM ne manque d’ailleurs pas d’ingéniosité dans l’entretien de son réseau souterrain. Afin de retirer «toutes les particules de carbone» sur 71 kilomètres de rail, un vieux train datant des années 1960 a été converti «en une grosse balayeuse» qui y circule environ une fois par semaine depuis plus de 40 ans, a détaillé M. Chartrand.

«Les MR-73 sont très allergiques à la poussière», a illustré le directeur général de la STM, Luc Tremblay. Si cette machine ne pouvait circuler la nuit sur les rails du métro de Montréal, l’accumulation de saleté sur celles-ci pourrait entraîner des «arrêts de service», a-t-il ajouté.

La société de transport s’apprête d’ailleurs à opérer un virage vert dans ses équipements d’entretien alors qu’un premier véhicule de remorquage électrique fera son entrée dans les garages de la STM en juillet.

«C’est une première mondiale», a affirmé Martin Chartrand, ajoutant que la société de transport compte procéder à l’acquisition de 17 de ces véhicules électriques dans les prochaines années.

Ouvrir toute la nuit
Lundi prochain, le parti Ensemble Montréal déposera pendant la séance du conseil municipal une motion demandant l’ouverture du métro toute la nuit pendant 13 fins de semaine cet été, comme c’est le cas actuellement pendant le Jour de l’an et la Nuit blanche.

«Ce serait impossible», a tranché Donald Desaulniers, qui a rappelé que les travaux d’entretien du métro la nuit sont essentiels pour assurer «la sécurité du métro».

«Le métro ferme la nuit parce que c’est essentiel. Ce n’est pas un caprice.» -Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM 

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