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Racisme: des organismes se mobilisent à Montréal

C'est à Parc-Extension que des manifestants se sont rassemblés sous la pluie dimanche pour dénoncer la loi sur la laïcité et le racisme systémique au Québec. Photo: Pablo Ortiz/Métro

C’est à Parc-Extension que des manifestants se sont rassemblés sous la pluie dimanche pour dénoncer le racisme systémique au Québec et la Loi sur la laïcité.

Peur de la différence

Pour Marwa Khanafer du Forum musulman canadien, le climat actuel au Québec est tendu. Elle n’accepte pas la notion qu’il n’y aurait pas de racisme au Québec. «Il y en a du racisme au Québec, et juste le fait qu’on soit voilées on le ressent à chaque jour», plaide-t-elle. Selon elle, les personnes qui ne veulent pas accepter cela rejettent la réalité. «Les personnes qui n’acceptent pas ça ne veulent pas accepter une réalité, peut-être qu’ils ne le vivent pas au quotidien parce qu’ils ne sont pas dans la même sphère où nous on vit», estime-t-elle.

Montée de la haine

Hanadi Saad dit qu’elle va continuer à se battre contre la loi 21, jusqu’à son abolition. «Je n’accepte pas qu’on discrimine et qu’on fasse une dictature au nom d’une fausse laïcité», a-t-elle lancé à Métro. Au sein de son organisme Justice Femmes, elle a reçu plus de 40 plaintes de femmes ayant subi des actes haineux au mois de mai seulement. Aujourd’hui elle reçoit 2 à 3 appels par semaine de femmes portant des signes religieux qui vivent des actes haineux ou de la discrimination à l’emploi depuis l’adoption du projet de loi 21. Elle estime que ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Les actes haineux sont rarement rapportés aux autorités compétentes, selon Mme Saad. Ce que confirme la Commission des droits de la personne qui révélait dernièrement que 78% des cas d’actes haineux ne sont pas rapportés par manque de confiance, par peur de représailles et par crainte de profilage racial.

Discrimination

Madame Saad croit que les effets de la loi 21 dépassent largement les personnes visées. «Ça a ouvert la porte à toutes sortes de discriminations», soutient-elle. C’est aussi ce que remarque Marwa Khanafer. Selon elle, plusieurs femmes musulmanes se font actuellement refuser des stages ou demander de retirer leurs voiles. «Les regards et les commentaires des gens et des collègues leur disent clairement qu’elles doivent enlever leurs voiles pour garder leur travail» ajoute-t-elle.

«Quand on voit la dictature d’un gouvernement qui adopte une loi sous bâillon, quand on voit un gouvernement qui a ouvert les portes à la discrimination et au racisme dans toutes les sphères de la société, quand on assiste à une montée en flèche de l’islamophobie dans notre société, c’est non à la loi 21»

Hanadi Saad de Justice Femmes et de la campagne Non à la loi.

«Il y a eu une manipulation politique pour faire adopter la loi sous bâillon, c’est inacceptable d’adopter une loi sous bâillon pour discriminer des minorités et surtout des femmes qui portent le hijab», soutient Hanadi Saad. «Au nom d’une majorité de 37% des votes, on légitimise la discrimination», martèle-t-elle.

Elle estime que l’arrivée de la CAQ au pouvoir a donné lieu à une montée d’islamophobie et d’intolérance.

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