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18:14 28 juillet 2020 | mise à jour le: 28 juillet 2020 à 19:17 temps de lecture: 4 minutes

Affaire UNIS: témoignage des frères Kielburger devant un comité des Communes

Affaire UNIS: témoignage des frères Kielburger devant un comité des Communes
Photo: Monica Schipper/Getty Images for We DayCraig et Marc Kielburger lors d’un événement UNIS à New York le 20 septembre 2017.

Les frères Kielburger, cofondateurs de l’organisme UNIS, ont indiqué mardi que leur organisation a été choisie pour gérer la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant (BCBE) grâce à leur longue expérience de plus de 25 ans dans le milieu caritatif.

Pendant près de quatre heures, Craig et Marc Kielburger ont témoigné devant le comité des finances de la Chambre des communes, une journée avant la comparution du premier ministre Justin Trudeau.

Leurs réponses étaient très attendues afin de faire la lumière dans cette affaire qui éclabousse le premier ministre et son ministre des Finances, Bill Morneau, depuis plus d’un mois.

Les deux frères se sont défendus d’avoir été choisis pour l’obtention du contrat de la gestion des bourses en raison de leurs liens politiques, dont certains étroits avec le premier ministre Justin Trudeau.

Ils ont également réfuté des intérêts partisans, soulignant avoir invité à leurs évènements des personnalités de toutes allégeances politiques.

«Je n’ai jamais vu le premier ministre ou sa femme dans un contexte social, il en est de même pour mon frère. Sophie Grégoire est une de nos ambassadrices et c’est la même chose pour Margaret Trudeau. Tout cela est dans le cadre de la mission de notre organisme.» – Craig Kielburger, cofondateur de l’organisme UNIS

«Nous avons commis des erreurs, nous nous en excusons», a indiqué le plus jeune des frères Kielburger, Craig. «On voulait aider la communauté», a-t-il ajouté.

S’ils avaient su les conséquences qu’engendrerait l’octroi de ce contrat à leur organisme, les jeunes hommes ont affirmé qu’ils ne seraient pas allés de l’avant.

Pas de «bénéfices financiers»

Contrairement à l’information avancée par Ottawa en présentant la BCBE – Ottawa chiffrait celle-ci à 912 millions- le programme de bourses aurait coûté entre 200 et 300 M$, selon Marc Kielburger.

Les Kielburger ont souligné que l’organisation n’aurait pas perçu de «bénéfices financiers» en obtenant le programme fédéral de bourses pour inciter les jeunes à faire du bénévolat.

«Quand vous êtes dans le milieu caritatif depuis que vous êtes jeunes, vous avez à cœur ce type de questions […], on veut aider les jeunes, c’est pour cela que le gouvernement nous a choisis», a plaidé Craig, pour justifier l’intérêt d’UNIS de gérer ce programme.

Selon l’entente de contribution, UNIS «aurait seulement été remboursé pour les coûts de conception et d’administration du programme», a indiqué Craig Kielburger.

«UNIS n’aurait pas reçu de gain financier du programme et il est incorrect de dire le contraire.» – Craig Kielburger, cofondateur de l’organisme UNIS

Critiques de la couverture médiatique

«Nous n’avons jamais partagé des données avec le Parti libéral ou avec un autre parti», a martelé Craig Kielburger, faisant référence à un article du National Post, qui alléguait un partage des données personnelles de jeunes au Parti libéral du Canada à des fins électorales.

Depuis le début de l’affaire, «il y a énormément de fausses informations qui ont circulé», a souligné le plus jeune des frères, Craig.

Les Kielburger ont trouvé «les répercussions [de l’affaire] vraiment malheureuses» et que cela avait un impact notable sur l’organisme.

De nombreuses interruptions

Tout au long du témoignage de Craig et Marc, des élus de l’opposition ont interrompu à de très nombreuses reprises les frères.

Le président du comité, Wayne Easter, a dû régulièrement intervenir pour laisser les Kielburger répondre aux questions, allant même jusqu’à menacer de suspendre la séance. Le député libéral Sean Frasera même souligné qu’«on a l’impression d’être à l’école primaire».

Témoignage de l’ancienne présidente du CA

Un peu plus tôt mardi, Michelle Douglas a témoigné devant le comité des Finances. Ella a été présidente du conseil d’administration d’UNIS pendant une dizaine d’années, jusqu’en mars dernier.

Mme Douglas a expliqué aux députés ne pas être au courant de quelconque paiement à des personnalités qui prenaient part à des évènements de l’organisme, comme Alexandre et Margaret Trudeau, le frère et la mère du premier ministre.

Elle a aussi indiqué avoir démissionné de ses anciennes fonctions parce qu’elle ne pouvait «pas faire son travail».

Mme Douglas a indiqué ne pas avoir été impliquée dans les discussions entourant l’attribution de la gestion du programme de la BCBE à UNIS.

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