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Limiter les méfaits de la COVID-19 avec un vaccin contre l’influenza?

Photo: Gracieuseté

Ce n’est pas seulement le vaccin développé contre le coronavirus qui permettrait d’être partiellement protégé contre la maladie. Les symptômes, l’admission aux soins intensifs ainsi que les risques de thrombose veineuse reliées à la COVID-19 seraient moins élevée chez les personnes ayant été vaccinées contre l’influenza, selon certaines études.

C’est notamment ce que dévoile une recherche menée par la faculté de médecine de l’Université de Miami, en Floride. Au total, ce sont 74 754 patients qui ont fait l’objet de l’étude épidémiologique. Ceux-ci ont été suivis après 30, 90 et 120 jours.

Une autre étude publiée en février par l’université du Missouri dévoile que les enfants vaccinés contre la grippe développaient moins de symptômes liés à la COVID-19 que ceux qui ne l’étaient pas.

Même si ces recherches sont fiables, il est trop tôt pour utiliser des vaccins créés pour la grippe pour affronter la COVID-19, commente l’immunologue de l’Institut national de la recherche scientifique, Alain Lamarre. Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé des données déjà existantes et des corrélations.

«Ces données n’ont pas été conçues spécialement pour éclairer cette question-là, précise M. Lamarre, également virologue. On recoupe les données cliniques, ou même de vaccination, on sépare les personnes étudiées en groupe, et on présente les résultats, tout simplement.»

Trop tôt pour préciser

Une étude clinique dédiée à la question, par exemple, permettrait d’éclairer davantage la situation. Dans les circonstances, il serait mal avisé pour le Comité de l’immunisation du Québec (CIQ) de suggérer aux personnes réticentes à la vaccination contre la COVID-19 d’opter pour un vaccin contre l’Influenza, considère M. Lamarre.

«Cela créerait une confusion plus qu’apporter une solution concrète, estime-t-il. Surtout lorsqu’on sait qu’un vaccin a été créé spécifiquement pour cela, et qu’il fonctionne très bien. Compte tenu du nombre disponible au Canada, ce n’est pas urgent d’aller vers cette alternative.»

Questionné sur le sujet, le ministère de la Santé a également rejeté cette possibilité à court terme. «Pour l’instant, le consensus scientifique est que le vaccin contre la COVID-19 est la meilleure façon de s’en protéger, explique-t-on à Métro par courriel. Davantage de littérature scientifique devra être disponible au sujet de l’impact du vaccin contre l’influenza sur la COVID-19.»

Système stimulé

La possibilité que le virus contre la grippe offre une protection face à la COVID-19 n’en demeure pas moins réelle, selon M. Lamarre. «Même si on n’a pas de réponse exacte, ce ne serait pas un phénomène nouveau. C’est quelque chose qui a été rapporté avec d’autres vaccins, dans d’autres circonstances.»

Un vaccin dédié à un virus peut créer une protection face à d’autres maladies. C’est ce qu’on appelle une réponse immunitaire innée.

«Le principe est simple: certains vaccins stimulent le système immunitaire. Ils l’entraînent à devenir plus efficace lors de la rencontre d’une deuxième, ou du même stimulant immunitaire et même d’un autre pathogène», précise M. Lamarre.

Entre d’autres mots, lorsqu’il est stimulé par un vaccin, le système immunitaire est entraîné à faire face à de nouvelles menaces.

À l’heure actuelle, 82% des Québécois ont reçu une première dose contre la COVID-19, et 47% une deuxième dose. Le groupe des 18 à 29 ans est celui qui a le moins adhéré à la vaccination. On y recense 68% des individus vaccinés.

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