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Le prochain gouvernement sera encore libéral et minoritaire

Le premier ministre du Canada et chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau. Photo: Josie Desmarais/Métro

Après une campagne électorale de 36 jours, c’est le statu quo à Ottawa: les libéraux formeront à nouveau un gouvernement minoritaire. Ce sera donc un troisième mandat consécutif pour les troupes de Justin Trudeau, encore une fois dans un Canada divisé.

C’est avec un plan ponctué de 78 milliards en promesses que les libéraux ont fait campagne. Comme carte de visite, ils misent sur la protection des travailleurs, l’immigration, l’accès facilité aux garderies, et des thèmes distinctifs des conservateurs d’Erin O’Toole, comme l’accès à l’avortement et la preuve vaccinale.

En déclenchant des élections pour finalement revenir à la case départ, Justin Trudeau a perdu son pari, estime le chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM, André Lamoureux.

«Il va devoir vivre avec ça, des dirigeants du PLC vont lui en vouloir», estime M. Lamoureux.

Il va y avoir des règlements de comptes, avec les coûts et les énergies que les élections ont nécessités.

André Lamoureux

En situation de minorité, Justin Trudeau aura de la difficulté à empiéter sur les compétences du Québec, estime M. Lamoureux, en faisant notamment référence aux enjeux de laïcité et de transferts en santé.

C’est notamment à cause des transferts en santé – que le premier ministre Trudeau refuse d’augmenter à la hauteur des attentes des provinces – qu’il a perdu la majorité, selon André Lamoureux. Dans le cas des conservateurs, ne pas avoir de plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre aura été fatal, estime-t-il.

Vers un autre scrutin?

Lors du Face-à-Face des chefs présenté à TVA au début du mois, le premier ministre avait laissé planer la possibilité de nouvelles élections dans 18 mois, advenant que le Parti libéral soit encore en minorité.

«En raison des différences qu’on a avec les conservateurs sur la vaccination, sur les garderies, sur l’environnement, je pense […] qu’on se retrouverait peut-être dans 18 mois dans une autre élection», avait-il évalué.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, et celui des conservateurs, Erin O’Toole, s’étaient opposés à cette idée, indiquant plutôt que les partis devraient travailler ensemble. «On est supposés respecter les mandats de quatre ans en vertu de la loi sur les élections à date fixe», avait aussi rappelé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

De surcroît, le chef du Bloc avait mentionné avant l’élection que son parti refuserait toute participation à une coalition si un parti minoritaire était élu. «L’histoire a suggéré fortement que c’était une approche qui pouvait attacher une formation politique», avait commenté M. Blanchet.

Le NPD a démontré une certaine ouverture à une coalition avant les élections.

Le souhait de Legault partiellement exaucé

Dans une sortie plutôt rare, historiquement, pour un premier ministre du Québec, François Legault avait ciblé trois partis qu’il jugeait «dangereux» pour la nation québécoise: les libéraux, les verts et le NPD. En revanche, il s’était rangé derrière le Parti conservateur, considérant que «son approche» est «bonne» pour le Québec.

«Je trouve ça très inquiétant de voir trois partis – le Parti libéral, le NPD et le Parti vert – qui non seulement ne sont pas ouverts à donner plus d’autonomie au Québec, mais veulent centraliser, s’approprier des pouvoirs qui sont clairement de la compétence des provinces», avait-il mentionné.

Contrairement à Justin Trudeau, le chef des conservateurs Erin O’Toole s’était engagé à ne pas empiéter sur les champs de compétence de Québec. L’entente sur les services de garde, qui prévoit un transfert sans condition de 6 milliards de dollars au Québec, aurait toutefois été annulée, advenant une élection des conservateurs.

M. Legault souhaitait toutefois que le gouvernement élu soit minoritaire, étant donné «qu’aucun parti ne répond à tous» les besoins de son gouvernement. La décision du premier ministre de se prononcer sur les élections fédérales a été largement critiquée par les trois partis d’opposition principaux.

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