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Il manque 1000 médecins de famille au Québec, selon la Fédération

Une médecin de famille écrit dans un calepin alors qu'un collègue masculin est assis en arrière-plan.
Photo: iStock/Ivan-balvan

Manque-t-on de médecins de famille au Québec? La Fédération des médecins omnipraticiens et le gouvernement ne s’entendent pas sur la question.

Ils sont assez nombreux, assure la CAQ. L’enjeu, aux yeux du parti, c’est que certains médecins refusent de prendre en charge un nombre de patients supplémentaire.

«On a vu au début de la pandémie que le gouvernement et les médecins pouvaient se revirer de bord rapidement quand on le voulait, a souligné le premier ministre François Legault lors de son discours d’ouverture, à l’Assemblée nationale. Mais malheureusement, la volonté de changement n’est pas toujours au rendez-vous chez certains médecins de famille.»

En négociations avec les médecins omnipraticiens à ce sujet depuis trois ans, le premier ministre indique commencer à «s’impatienter, et les Québécois aussi». «J’ai toujours pensé qu’il valait mieux s’entendre avec les médecins. Mais s’il le faut, on ne va pas hésiter à imposer une conclusion, a-t-il menacé. Les Québécois s’attendent à être pris en charge et à recevoir des services de première ligne dans un délai raisonnable.»

En vertu de la loi 20, adoptée sous le ministre libéral Gaétan Barrette, le gouvernement peut imposer des pénalités financières aux médecins qui prennent en charge un nombre trop faible de patients.

Manque d’effectif

Mais le problème ne se trouve pas dans la prise en charge des patients, considère la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Il manquerait 1000 médecins de famille dans le réseau, dont 400 postes qui sont vacants depuis 2013.

Depuis le début de la pandémie, les médecins ont été délestés de plusieurs ressources, plaide-t-on à la FMOQ. Les omnipraticiens doivent consacrer 40% de leur temps en milieu hospitalier, ce qui réduit leurs disponibilités pour prendre en main un plus grand nombre de patients.

«Nous voulons collaborer, comme nous l’avons toujours fait, trouver des solutions pour améliorer l’accès, assure le président de la FMOQ, Louis Godin. Si on trouve des solutions ensemble, en collaboration, nous pourrons utiliser notre force vive, mobiliser, stimuler, coordonner.»

Imposer des mesures coercitives aux médecins ne ferait que créer «du désengagement, du chaos, du surmenage, de l’épuisement et de la détresse psychologique», estime-t-il.

«Nous sommes conscients que rien n’est parfait et qu’il y a encore place à l’amélioration», admet-il toutefois.

Selon la FMOQ, la rémunération des médecins devrait être recentrée sur la prise en charge de patients plutôt qu’en fonction du nombre d’actes médicaux complétés, comme c’est le cas actuellement. Le gouvernement adhère à ce point, et travaille sur une révision complète de la rémunération des médecins.

Négociations houleuses

Mercredi, en mêlée de presse, le premier ministre François Legault a précisé qu’il favoriserait une entente plutôt que des mesures coercitives imposées aux médecins. «Mais actuellement, il y a vraiment un problème de prise en charge, ça fait qu’il y a des patients qui sont obligés d’aller engorger les urgences. Donc, ça pourrait aller jusqu’à un projet de loi», a-t-il laissé planer.

Les négociations avec la FMOQ se sont accentuées «dans les dernières semaines», a précisé le ministre de la Santé Christian Dubé. Mais si ces pourparlers n’avancent pas assez vite, «des gestes très forts» seront posés.

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