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Les villes à la tête de la lutte aux changements climatiques?

Une main tient une affiche disant «arrêter la pollution est la meilleure solution» lors d'une manifestation pour la lutte aux changements climatiques tenue à Montréal
Photo: valmedia1/123rf.com

Le sommet annuel sur le changement climatique (COP26) débutera à Glasgow dans quelques jours et réunira les chefs de la communauté internationale. Dans ce contexte, l’INRS lance une nouvelle chaire de recherche centrée sur l’action des villes dans la lutte aux changements climatiques.

La Chaire de recherche du Canada en action climatique urbaine, première de ce type au pays, veut se pencher sur la façon dont les villes font face à la crise climatique et y contribuer, aux côtés du monde communautaire et municipal. Parce que le poids de l’action climatique repose, en partie, sur les épaules des centres urbains.

Il y a une telle lenteur d’action à l’échelle internationale. Ce qui fait en sorte que les villes représentent souvent les premiers moteurs du changement face à la crise climatique.

Sophie L. Van Neste, présidente de la Chaire de recherche du Canada en action climatique urbaine

Si les centres urbains «font partie du problème, elles font partie de la solution», croit Mme Van Neste. Pour la chercheure, l’engagement des citoyens, des acteurs du milieu et des gouvernements à chaque palier est la clé pour une action climatique urbaine.

Cependant, dans la lutte aux changements climatiques, chaque municipalité possède son lot de défis et «toutes les communautés ne sont pas égales face aux changements climatiques», rappelle Sophie Van Neste. De plus, «certains groupes sont plus vulnérables que d’autres aux impacts de la crise climatique, et certains seront moins reconnus et épaulés dans leurs initiatives pour y répondre».

La chaire étudiera les régions urbaines en Amérique du Nord et se concentrera sur les infrastructures urbaines, la justice climatique, les banlieues ou encore les émotions de l’action politique face au climat.

Réactions des partis municipaux en lice

Projet Montréal partage l’idée d’un rôle essentiel des villes dans la lutte aux changements climatiques. Le parti fait valoir «son leadership en matière de transition écologique». Par ailleurs, Projet Montréal entend éliminer le recours aux plastiques à usage unique d’ici 2022, ou encore encadrer les émissions de GES des grands bâtiments.

Grâce à nos initiatives et à celles qu’on va continuer de mettre en place dans un second mandat, on va réduire les émissions de GES de 50% d’ici 2030. Cet objectif-là, c’est Projet Montréal qui est en meilleure position pour l’atteindre. Notre leadership est clair et assumé, c’est nous qui en avons le plus fait pour l’environnement.

Laurence Lavigne-Lalonde, candidate à la mairie de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Projet Montréal

Même son de cloche du côté d’Ensemble Montréal, pour qui la transition écologique et la lutte aux changements climatiques est «l’affaire de tous». Le parti se dit «engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre». Pour cela, le parti veut verdir les secteurs en manque d’arbres ou encore miser sur l’écofiscalité (taxation des stationnements commerciaux) ou encore un budget carbone.

Avec la volonté des Montréalais, la force de nos entreprises, le savoir-faire de nos institutions et la gestion d’une administration rigoureuse, notre équipe assumera pleinement son rôle dans la réduction des gaz à effet de serre (GES) afin d’atteindre la carboneutralité d’ici 2045.

Denis Coderre, chef d’Ensemble Montréal

Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal, souligne que les changements climatiques sont un gros fardeau pour les villes. Il souligne toutefois que ce sont souvent les personnes les plus marginalisées qui vont en subir les conséquences.

Aussi, pour combattre les îlots de chaleur, augmenter le verdissement et accélérer l’électrification des transports, Mouvement Montréal veut miser sur de plus grands pouvoirs accordés à la Ville. À l’image de son PIB de 200 G$, «alors que son budget n’est que de 6 G$». Faire de Montréal une cité-État permettrait «d’aller au-delà des taxes foncières» comme seule source de revenus de la Ville.

Les villes ont toutes des responsabilités, mais les villes n’ont pas les moyens financiers pour faire une transition écologique […] Montréal doit toujours attendre après Québec. […] Montréal a besoin de plus d’indépendance et de plus de pouvoirs pour retenir des taxes.

Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal et candidat à la mairie de Montréal

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