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Ezio et cie font rayonner Montréal

Si seulement l’Italie pouvait compter sur un leader de la trempe d’Ezio Auditore… Le problème, c’est qu’il ne fait pas dans la dentelle, ne se considère surtout pas comme un héros et «vivait» déjà il y a plus de 1 000 ans!

Ezio Auditore est le personnage central du jeu vidéo Assassin’s Creed, dont le quatrième épisode vient d’être lancé cette semaine, et qui symbolise l’étonnant succès de Montréal comme haut lieu mondial du divertissement vidéo. À tout seigneur tout honneur, Assassin’s Creed a été conçu et développé par le studio montréalais de la française Ubisoft. En s’implantant ici dès 1997, Ubisoft a donné le coup d’envoi à une jeune industrie effervescente qui emploie aujourd’hui plus de 6 000 personnes à Montréal.

Elle était l’une des premières à sauter sur la glace, mais le club s’est depuis enrichi de nombreux joueurs, quelquefois locaux, souvent internationaux. La montréalaise d’origine A2M (jadis Artificial Mind and Movement) côtoie maintenant l’américaine EA (Electronic Arts), la britanno-japonaise Eidos, la norvégienne Funcom, la britannique Babel (spécialisée dans les tests) et bien d’autres, comme Warner Bros. Games, qui vient de commencer officiellement ses activités à la Place Dupuis il y a deux semaines.

Et les productions d’ici se font valoir chez les gamers internationaux, ces ardents joueurs qui ne perdent pas une seconde pour commenter les produits qui arrivent sur le marché. L’enjeu est costaud : avec Assassin’s Creed Revelation, Ubisoft compte encaisser plus de 1 G$. De son côté, Eidos Montréal a lancé l’été dernier Human Revolution, le nouveau volet très attendu de la série Deus Ex, et on estime qu’il s’en est déjà vendu plus de deux millions d’exemplaires à travers le monde.

La réussite commerciale est impressionnante, tout comme l’impact de l’industrie sur le renouvellement du marché du travail. Les employés sont jeunes, créatifs et bossent dans un environnement non conventionnel – les horaires sont tout sauf rigides! – où le multiculturalisme est à l’honneur. Chez Eidos, par exemple, des gens d’environ 20 nationalités, parlant pratiquement autant de langues, se côtoient tous les jours. Ici comme dans les autres studios, on se croirait aux Nations unies! Le talent n’a pas de frontières.

Mais il ne s’agit pas ici d’une génération spontanée. Le germe a été planté au milieu des années 1990 par le gouvernement du Québec, qui y est allé d’un généreux crédit fiscal équivalant à 40 % du salaire des employés. Les investissements ont suivi. Des sceptiques – j’en étais – ont pensé qu’il s’agirait là d’un bourgeonnement éphémère. Qu’on me pardonne, et que les Ezio Auditore de l’univers vidéo ne viennent pas me le reprocher à grands coups de massue!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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