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Les fêtes et les voisins gonflables

Chaque année, les petites princesses et les petits monstres vous ravissent… et coûtent de plus en plus cher. Ce n’est pas rien : il y a quelques jours, le Conseil québécois du commerce de détail évaluait à 85 M$ l’argent que les Québécois viennent de dépenser pour fêter l’Halloween.

En gros, selon cette analyse, un ménage sur quatre achète costumes, accessoires et friandises pour l’Halloween, pour une facture moyenne d’environ 100 $. Et mis à part ceux qui arrivent à cuisiner un potage ou une tarte à la citrouille, il ne reste plus grand-chose d’utile une fois la fête terminée – sauf les quelques babioles qui auront survécu à la soirée. Les petits grandissent vite et les déguisements ne durent pas longtemps.

Mais l’Halloween est aussi un antidote à la grisaille de l’automne et les enfants sont radieux. Même s’il faut se démener et payer, au fond, ça vaut la peine, en autant de ne pas tomber dans le piège du voisin gonflable. Vous savez, celui qui en fait toujours plus, dont les décorations sont plus abondantes et plus spectaculaires… et le solde de carte de crédit, plus élevé.

En fait, le risque vient de la surenchère. Parce que les tentations sont et seront plus nombreuses. Avez-vous remarqué ? L’été excepté, l’année est jalonnée d’une série de fêtes et d’événements dont la dimension commerciale n’a cessé de s’accroître.

Tout commence avec la rentrée scolaire, fin août. La liste des fournitures semble toujours plus longue, sans compter les gadgets du moment que les enfants et ados vous réclament… «parce que les autres en ont». Deux mois plus tard, c’est l’Halloween, suivie du festival ultime de la consommation qu’est devenue la fête de Noël. Le répit n’est pas long : à peine six semaines plus tard surgit cette autre fête, jadis mineure, mais qui permet aux commerces de relancer les clients en plein hiver : la Saint-Valentin.

Restent, toujours espacés de six ou sept semaines, Pâques puis la fête des Mères et finalement, la fête des Pères. Ouf! Mais vous voyez le truc : la carte de crédit ne doit surtout pas avoir le temps de refroidir.

Est-ce en soi mauvais? Non. Personne ne nous force à entrer dans les magasins. Et les lumières de l’Halloween ou de Noël, par  exemple, brillent comme pour conjurer la peur ancestrale de l’obscurité. Les fêtes ont leur place. Mais pas l’exagération.

Sans tomber dans la morale à cinq sous, c’est peut-être le bon moment pour discuter de la valeur de l’argent avec les plus jeunes… pour éviter qu’ils ne deviennent un jour des zombies de la surconsommation.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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