Soutenez

La pause se prolonge

Bénédiction pour les emprunteurs, malédiction pour les épargnants: les taux d’intérêt vont demeurer au plancher pour encore un bon moment au Canada. En fait, s’ils se mettent prochainement à bouger, ce sera pour descendre encore plus bas.

C’est ce qu’il faut retenir des propos du gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui a présenté hier la mise à jour de sa stratégie sur les taux d’intérêt au pays. M. Carney a évoqué la faiblesse des économies occidentales pour ne pas augmenter son taux directeur, qui demeure donc à 1%. Lorsqu’on paie plus cher pour emprunter… on emprunte moins. Dans le contexte actuel, décourager les consommateurs serait néfaste. La Banque du Canada décide donc de rester sur les lignes de côté. Et les institutions financières vont faire pareil.

C’est là un virage à 180 degrés par rapport à la direction que la Banque disait vouloir prendre il y a encore quelques mois. À l’époque, les nouvelles étaient encore bonnes; on s’imaginait que les gens auraient l’humeur dépensière et que la demande pour les biens et services allait augmenter. Lorsque la demande augmente, les prix ont également tendance à augmenter. C’est l’étincelle qui allume le feu de l’inflation. Une hausse des taux d’intérêt peut alors refroidir les ardeurs des consommateurs, qui doivent payer plus cher pour emprunter, et l’inflation demeure sous contrôle.

Mais le paysage économique s’est brusquement assombri. Les États-Unis n’arrivent même plus à créer d’emplois. L’Union européenne est elle aussi en panne parce que plusieurs de ses membres, et pas les plus petits – Espagne et Italie, par exemple –, croulent sous le poids de leur dette publique. L’Asie demeure relativement solide, mais s’il fallait que cette contagion s’étende…

Il n’est donc plus nécessaire de resserrer l’accès au crédit. Ce qui ne veut pas dire que les consommateurs doivent se lancer dans une orgie de dépenses inutiles: au contraire, le moment est propice pour faire le ménage dans ses finances. Au retour des vacances et à l’heure de la rentrée scolaire, les soldes de cartes de crédit ont tendance à gonfler. Or, les taux d’intérêt qu’elles portent demeurent élevés, eux; un prêt personnel est nettement moins coûteux. C’est le temps d’aller discuter avec son banquier ou son directeur de caisse.

Par contre, les déposants vont encore devoir se contenter de rendements de misère. Les taux offerts pour des placements garantis sont et seront minimes pour un bon moment. C’est souvent dans ce genre d’environnement que les vendeurs d’illusions se manifestent en promettant la lune. Méfiez-vous des beaux parleurs!

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.