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Les répondants médicaux d’urgence votent pour la grève

Des ambulances d'Urgences-santé.
Photo: Josie Desmarais / Métro

Travail sous pression, temps supplémentaire obligatoire, sous-effectif… Voici le quotidien que dénoncent les répondants médicaux d’urgence (RMU) et le personnel de bureau d’Urgences-santé.

Réunis en assemblées générales plus tôt cette semaine, les RMU d’Urgences-santé de Montréal, ceux de la Capitale nationale et de l’Estrie, se sont prononcés en faveur d’un mandat de grève «pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée».

«Notre travail est émotionnellement exigeant. Avec ces mauvaises conditions de travail viennent des risques accrus de commettre une erreur, d’échapper un appel dans la file d’attente ou de perdre une seconde de concentration», a déclaré la présidente du Syndicat des employés d’Urgences-santé, Anick Bélanger.

«Cela a des impacts non seulement sur les employés, mais également sur la qualité du service dont la population est en droit de recevoir.»

Rémunération insuffisante

Une des principales revendications au centre de cette mobilisation constitue la rémunération des RMU, jugée trop faible par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), «minant les efforts pour recruter le personnel nécessaire».

La CSN estime que le Conseil du trésor et les employeurs de RMU ne tiennent pas compte des pénuries de main-d’œuvre auxquelles ces derniers font face.

Ce sentiment est partagé par Anick Bélanger: «ça ne devrait pas préoccuper que nous, mais aussi notre employeur et le Conseil du trésor. Et ce n’est pas du tout ce qu’on sent à la table de négociation!», fustige-t-elle.

En amorçant un mouvement de grève, les RMU entendent forcer le «personnel cadre à participer au maintien des services essentiels», afin de faire prendre conscience à la hiérarchie de leurs difficultés.

«Nous espérons qu’en venant travailler pendant la grève du personnel, l’employeur et ses cadres prendront conscience de la pression ressentie au quotidien par les RMU et les employés de bureau sur le terrain, complètement débordés», souligne le représentant du secteur préhospitalier à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Jean Gagnon. 

Absence de convention collective

Les répondants médicaux d’urgence et le personnel de bureau œuvrent sans convention collective depuis le 31 mars 2020, déplore la présidente de la CSN, Caroline Senneville. Cette dernière pense que «s’ils n’ont plus d’autres options que d’exercer une grève encore plus perturbatrice, le Conseil du trésor n’a que lui-même à blâmer.»

Lucie Longchamps, la vice-présidente de la FSSS-CSN, rappelle que du fait de leur rôle essentiel dans la société, l’État limite leur droit de faire la grève. La vice présidente estime que le Conseil du trésor tire profit de «ce rapport de force déséquilibré», qui compromet les chances de voir les revendications des RMU aboutir.

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