Le taux de diplomation inquiète les Québécois
Si 82 % des Québécois trouvent préoccupant le décrochage scolaire, 38 % d’entre eux s’inquiètent de la scolarité de leurs propres enfants, selon un sondage Léger publié mardi, dans le cadre de l’ouverture, le 4 novembre, des Grandes rencontres sur la persévérance scolaire.
Les Québécois ont d’ailleurs une vision plus pessimiste du taux de diplomation qu’il ne l’est en réalité. Ils estiment à 63% le taux de moins de 20 ans ayant un diplôme d’études secondaires, tandis qu’en réalité, ce taux atteint 74 %.
«C’est intéressant de voir que les Québécois sont très préoccupés, et ont une image plus négative que la réalité en ce qui a trait au décrochage scolaire, juge Sébastien Dallaire, vice-président adjoint chez Léger. Par contre, leur objectif de diplomation est identique à ceux qui ont été fixés par plusieurs intervenants en décrochage, soit 80 %.»
Fait intéressant, les personnes dont le revenu annuel brut dépasse les 100 000 $ par année se préoccupent du décrochage dans la société québécoise, avec 82 %, mais se soucient beaucoup moins de la possibilité que leurs propres enfants abandonnent leurs études. 74 % d’entre eux affirment ne pas être inquiets à cet égard.
Chez les gens moins fortunés, c’est la situation inverse. Seulement 21 % de ceux ayant un revenu annuel entre 20 000 $ et 39 000 $ se préoccupent du décrochage dans la société, mais ce taux atteint 51 % lorsqu’on leur parle de leurs propres enfants.
Pour, M. Dallaire, cette dernière donnée pourrait être le fruit d’expérience personnelle, qu’on ne veut pas forcément reconduire chez ses enfants. «Ça peut être un reflet de perceptions individuelles. Si on n’est pas allé nous-même à l’université ou au Cégep, mais qu’on s’en est bien tiré, lorsq’on nous pose la question sur la société général on pourrait dire « moi, ça a bien été, ce n’est pas un problème ». Mais quand on nous parle de nos enfants, il y a peut-être une hésitation un peu plus grande, et une inquiétude», hypothèse-t-il.