Soutenez

Il arrive que le Québec sache y faire

Contrairement à une rumeur persistante, des projets aboutissent au Québec. Mais parce qu’ils fonctionnent, on n’en entend pas parler.

Fin février, la société aurifère Goldcorp a annoncé la mise en chantier d’une des plus importantes mines d’or du Québec, à la baie James, accompagnée d’un investissement colossal de près d’un milliard et demi de dollars : la mine Éléonore. Quelques jours auparavant, Goldcorp avait également annoncé la signature d’une entente décisive avec les Cris et leur grand chef Matthew Coon-Come – le même qui s’était farouchement opposé, à l’époque, au projet hydroélectrique Grande-Baleine, d’Hydro-Québec, au point de le faire dérailler.

Un partenariat avec les autochtones, près de mille emplois bien payés durant la construction de la mine… la nouvelle a-t-elle fait les manchettes?

Non. Pas plus que le fait que le fameux pont qui va relier les deux portions de l’autoroute 25, de part et d’autre de la rivière des Prairies, va être livré, au mois de mai dans les délais et les budgets prévus.

Pareil pour le super hôpital anglophone, le CUSM, dont les travaux avancent à grands pas. Si vous n’êtes pas passé dans les environs du métro Vendôme récemment, vous n’avez pas vu cet immense chantier, de loin le plus imposant à Montréal, qui nous permet d’espérer que de notre vivant, il y aura au moins un centre hospitalier digne du XXIe siècle en ville…

Et il ne se passe rien chez nous? Admettons-le : nous sommes meilleurs dans l’autoflagellation collective que dans la reconnaissance de nos bons coups. Question de tempérament, mais aussi de méfiance devant les promoteurs en tous genres. Bon, OK, certains sont corrects, mais la plupart ont l’air croche, alors pourquoi les célébrer?

Ce serait anodin si cette attitude face au succès était sans conséquence. Sauf qu’elle est tout sauf innocente. On se désole constamment du faible taux d’entrepreneuriat chez les jeunes au Québec. Pourtant, il va nous falloir du renfort, autant en économie sociale que dans l’ouverture de nou­veaux studios de vidéos ou le creusage de nouvelles mines.

Mais si on ne félicite pas ceux et celles qui montent au front et qui réussissent, comment voulez-vous encourager la relève? Si on ne fait que chercher la petite – ou la grosse – bête, comment voulez-vous inspirer de nouvelles initiatives?

Le Québec est grondeur et suspicieux. Il est aussi imaginatif et fonceur. Je veux bien le premier si on permet au deuxième de se faire valoir.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.