Piger dans la poche des riches n'est pas la solution, selon l'IEDM
Ce n’est pas en imposant davantage les riches que le déficit budgétaire sera épongé, selon l’Institut économique de Montréal (IEDM). Les personnes qui réclament une hausse des impôts des riches font fausse route, croit l’IEDM.
Dans une Note économique publiée mardi, l’IEDM explique qu’il faudrait imposer à 100% les contribuables avec un salaire supérieur à 250 000$ pour combler le déficit du Québec de 3,8 G$ cette année. «Bien sûr, ce n’est pas réaliste, explique Youri Chassin, économiste à l’IEDM. C’est la preuve par l’absurde que ce n’est pas la solution.»
Les personnes dont le salaire dépasse 250 000$ représentent 0,5% des contribuables et pourtant ils représentent 12% de l’ensemble des impôts payés au Québec. M. Chassin déduit donc que les plus fortunés sont déjà largement sollicités, tout comme la classe moyenne.
«Plutôt que de regarder la colonne des revenus, il faudrait peut-être analyser les dépenses», croit l’économiste. Selon lui, la solution n’est donc pas d’alourdir le fardeau fiscal, mais plutôt de réduire les dépenses de l’État.
En revenant au seuil de dépenses de 2009-2010, le gouvernement du Québec dépenserait 6 G$ de moins et se retrouverait avec un surplus budgétaire de 2,2 G$, selon l’IEDM. «On ne parle pas de coupures drastiques, dit M. Chassin, on ne dit pas non plus de revenir au seuil des années 1950, c’est donc très réaliste.»
Il suggère par exemple d’abaisser les subventions au même niveau que l’Ontario. Le Québec dépense environ 500$ par Québécois en subvention aux entreprises alors qu’en Ontario ce montant est de 200$ par habitant. «Cela pourrait faire économiser 2,5G$ à l’État», conclut-il.