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Denis Gallant: «Je serais resté; j’adore ça»

Photo: Josie Desmarais

L’inspecteur général de Montréal, Denis Gallant, a annoncé à l’administration de Valérie Plante qu’il pourrait partir avant la fin de son mandat, prévue en févier 2019. Même s’il avait voulu rester, il insiste sur le fait que le mandat doit être non-renouvelable, mais il croit que sa durée devrait être de sept ans, plutôt que cinq.

Vous pourriez partir plus tôt que prévu. Pourquoi?
Mon mandat se termine fin février 2019. Donc, c’est évident que je vais commencer à regarder mes options à partir de l’automne. C’est pour cela que j’ai avisé l’administration dès janvier qu’ils devraient enclencher le processus de nomination du prochain inspecteur général avant la fin de 2018.

Avez-vous déjà d’autres plans de carrière?
J’évalue mes options. Je suis avocat avant tout, alors peut-être un retour à la pratique du droit et l’enseignement.

On vous voit comme prochain chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Avez-vous été approché?
On me voit à toutes sortes de places : à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), au SPVM… Il est trop tôt pour évaluer ces options. Au SPVM, il y a un administrateur provisoire jusqu’en décembre: Martin Prud’homme, qui fait un excellent travail.

Dans le rapport annuel publié lundi, votre dernier comme inspecteur général, vous soulignez que ce mandat doit être non-renouvelable pour une question d’indépendance.
Absolument! Je suis convaincu qu’un mandat non-renouvelable est essentiel pour avoir la paix d’esprit. C’est plate, je ne prêche pas pour ma paroisse. Je serais resté; j’adore ça.

Mais imaginez si, à ma dernière année de mandat, je n’enquête pas un dossier qui est très médiatisé. Les gens se diront: «On sait bien, l’inspecteur général ne veut pas déplaire à la Ville parce qu’il veut être renouvelé». Le mandat de cinq ans, à mon avis, il est trop court. Les dernières quatre années, je ne les ai pas vues passer. Si on regarde les nouvelles lois au gouvernement du Québec, on parle de mandats non-renouvelables de sept ans, à l’UPAC, pour le directeur des poursuites criminelles et pénales et à la nouvelle Autorité des marchés publics (AMP).

«L’ancienne administration a toujours respecté l’indépendance du BIG, et la nouvelle administration, c’est la même chose. Valérie Plante connaît notre indépendance et sait que nos lanceurs d’alerte sont protégés. Les élus n’interviendront jamais dans nos affaires.» –Denis Gallant, inspecteur général de la Ville de Montréal

Vous avez mis sur pied l’équipe du BIG à partir de zéro. Qu’elles devraient être les grandes orientations de votre successeur?
Il y a une nouvelle donne qui est la création de l’Autorité des marchés publics (AMP). La loi prévoit que pour Montréal, tous les pouvoirs qui vont être dévolus à l’AMP vont appartenir au BIG. La loi prévoit aussi un processus de dénonciation uniforme et des délais pour répondre aux dénonciations. La première année va être cruciale pour l’arrimage entre les deux entités. Ce n’est pas un petit mandat.

En 2017, le BIG a ouvert 123 enquêtes, son plus petit nombre (outre celles en 2014, qui n’était pas une année complète d’activités). Est-ce que ça veut dire qu’on s’en va dans la bonne direction?
Si ça diminue et que les pratiques s’assainissent, c’est merveilleux. Mais il y a aussi une baisse de dénonciations parce que les gens connaissent mieux notre mandat. On a de bonnes dénonciations, que ce soit par des entrepreneurs, mais également par des employés de la Ville qui sont plus vigilants.

Mais est-ce qu’il y aura une fin à cette lutte?
Il ne faut pas qu’il y ait de fin, mais notre présence change les choses. L’année passée, on a fait 60 visites de chantiers. Cette année, on va en faire encore plus. Quand on fait des visites non-annoncées, les entrepreneurs qui veulent couper les coins ronds vont être un peu plus gênés.

Vous évoquez la possibilité de faire deux rapports par année. Pourquoi?
Si on complète une enquête en janvier 2017, en parler en mars 2018 dans le rapport annuel, on trouve cela moins opportun. Ce n’est pas arrêté encore, mais en septembre, on pourrait faire un rapport avec nos dossiers qu’on a fermés de janvier à juin.

Certaines firmes pourraient justement décrocher des contrats entre-temps. Ne vaudrait-il mieux pas rendre des comptes en temps réel aux élus?
Oui, elles peuvent obtenir des contrats. Il y a certains bureaux d’inspecteurs généraux qui font des rapports aux trois mois. Je n’en suis pas là. Les enquêtes sont longues, et ma crainte est que je n’aie rien à dire. Mais on va publier des rapports ponctuels quand on a une décision importante à diffuser.

Vous avez justement sorti récemment un rapport sur la gestion des ordures dans Verdun et le Sud-Ouest. Regardez-vous ce dossier à la grandeur de l’île?
Techniquement, on n’avait pas les ressources pour faire toute la Ville. Avec 19 arrondissements c’était impossible. Ce qu’on dit maintenant à l’administration c’est : «Regardez ce qui se passe dans vos arrondissements et faites le travail. Vous avez tous les outils pour faire respecter les contrats.»

 

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