L’opposition montréalaise contre un péage-cordon autour du centre-ville
Les partis d’opposition à l’hôtel de ville de Montréal s’élèvent contre la possibilité qu’un péage-cordon soit installé autour du centre-ville de la métropole. «[Un péage-cordon, qui pourrait être imposé à une zone spécifique du centre-ville] asphyxierait le centre-ville de Montréal, a déclaré mardi la chef de Vision Montréal Louise Harel. Selon elle, une telle formule de tarification découragerait les résidents d’y rester et rebuterait les Montréalais et les banlieusards de s’y arrêter.
Son homologue de Projet Montréal, Richard Bergeron, soutient de son côté qu’un péage-cordon accélérerait le mouvement de délocalisation des entreprises montréalaises au profit des banlieues.
Un péage qui ceinturerait le centre-ville de Montréal sera l’un des scénarios qui sera évalué par le Centre interuniversitaire en analyse des organisations (CIRANO).
Celui-ci a été mandaté par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) pour qu’il étudie les différentes options de tarification possibles pour financer les projets de transport en commun. Le péage routier (qui peut être installé sur un pont) et la tarification kilométrique (calculée à partir de l’odomètre d’une voiture) seront aussi examinés, a indiqué le coordonnateur au transport métropolitain de la CMM, Yves Phaneuf.
Projet Montréal et Vision Montréal appuient le péage routier qui pourrait être installé sur les ponts qui relient l’île de Montréal aux villes de banlieue. Le responsable du transport au comité exécutif de la Ville de Montréal, Réal Ménard, a d’ailleurs fait savoir dimanche que «seul le péage [routier] métropolitain devrait être envisagé».
Pour ce qui est de la tarification kilométrique, les partis d’opposition divergent d’opinion. D’après Richard Bergeron, il s’agit d’une excellente mesure. «On est capable de savoir exactement à quel moment de la journée une voiture circule et sur quelle partie du réseau elle circule, a-t-il dit. On pourrait moduler les tarifs à l’infini.»
Louise Harel croit de son côté qu’il faut «décourager la congestion et non pénaliser la circulation».
Métro a aussi contacté Union Montréal pour connaître sa position, mais il n’a pas répondu à l’appel.
Les deux chefs d’opposition montréalais ont été nommés récemment au conseil de la CMM. Mme Harel est confiante que les intérêts de Montréal y seront défendus concernant la question des péages. M. Bergeron n’y croit pas. «La CMM, c’est le paravent que le gouvernement du Québec a mis en place pour ne pas avoir à assumer ses responsabilités vis-à-vis Montréal», a affirmé celui qui souhaite que Montréal se retire de cette organisation métropolitaine.
Le CIRANO doit déposer son rapport sur les différents péages et sur la tarification kilométrique le 30 juin prochain. Le comité exécutif de la CMM en prendra compte par la suite et il décidera quelle suite il y donnera.