Montréal

Transport en commun: le leadership international de Montréal confirmé

Transport en commun: le leadership international de Montréal confirmé
Photo: Pablo Ortiz/MétroÀ l’heure actuelle, seulement 14 stations du métro sur 68 sont desservies par un ascenseur.

Montréal est championne en matière de mobilité dans le monde, notamment parce qu’elle continue d’investir dans son système de transport en commun. Mais la congestion due aux chantiers, la déficience de son réseau de bus ainsi que le manque d’accessibilité universelle continuent de ralentir ses progrès.

C’est du moins ce que conclut la firme comptable Deloitte. Celle-ci a publié hier son tout premier «indice de mobilité urbaine» pour la région montréalaise. La firme a réalisé le même exercice pour Toronto, Vancouver et une soixantaine d’autres villes sur la planète.

Montréal possède l’un des réseaux de transport «les plus écologiques et les plus étendus» en Amérique du Nord, d’après l’entreprise. Celle-ci insiste aussi sur le fait que la Ville planche sur une modernisation des infrastructures «qui aboutira à un système à la pointe de la technologie».

La métropole se pose également comme chef de file du transport actif, «avec l’une des parts modales les plus élevées pour le cyclisme» dans le monde. De manière générale, les Montréalais sont «passionnés» par les nouvelles façons de se déplacer, tranche Deloitte.

La popularité des BIXI, des Communauto, des JUMP et des Lime de ce monde en témoignent bien, d’après la firme privée. Et ce même si la métropole n’intègre pas bien les horaires et les paiements entre les différents modes de transport.

Six jours dans le trafic

D’après des données révélées par l’entreprise, les usagers du transport en commun passent toutefois «plus de 145 heures» (ou 6 jours) par année dans les bouchons. Outre les travaux, la construction du Réseau express métropolitain (REM) et les fortes quantités de neige expliqueraient la situation. Celle-ci devrait perdurer au moins «jusqu’en 2022», juge le rapport.

Montréal pourrait aussi améliorer la fiabilité et la fréquence du réseau de bus de la Société de transport de Montréal (STM), observe la firme. Cette dernière soutient que les autobus de la STM tombent en panne «deux à trois fois plus souvent que leurs homologues de Toronto». Cela aurait pour effet de «pousser les gens dans des voitures».

«Le nombre de passagers dans les autobus de la ville a diminué de plus de 13% au cours des cinq dernières années.» -Extrait du rapport

Le fait que la Ville veut rendre ses bus entièrement électriques d’ici 2025 pourrait toutefois contrecarrer cette fâcheuse position.

Enfin, l’accessibilité universelle pour les personnes handicapées demeure «un domaine prioritaire» pour la STM, lit-on dans le rapport. À l’heure actuelle, seulement 14 stations du métro sur 68 sont desservies par un ascenseur.

Deloitte se réjouit toutefois qu’il soit prévu «d’équiper tous les bus de rampes d’ici 2025 et de porter le nombre de stations équipées d’ascenseurs de 13 à 32 d’ici 2022».

Appelée à réagir, la porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM), Amélie Régis, a indiqué qu’il est «difficile pour nous de commenter cette étude», l’organisation ne connaissant pas encore la méthodologie ni la provenance des données, entre autres.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a quant à elle parlé d’un rapport «encourageant pour la suite des choses». «Notre administration est consciente des défis que nous devons relever pour Montréal en matière de transport», a-t-elle écrit sur sa page Facebook vendredi.