Montréal
15:46 16 septembre 2019

Une plateforme citoyenne pour signaler les trottinettes Lime mal garées

Une plateforme citoyenne pour signaler les trottinettes Lime mal garées
Photo: Josie Desmarais/MétroUne trottinette Lime est ici stationnée sur le trottoir, à côté d'un espace désigné.

Une nouvelle plateforme citoyenne veut s’attaquer aux trottinettes électriques mal stationnées de Lime à Montréal. L’objectif: simplifier et rendre plus accessible les démarches de signalement d’un engin mal garé. Celles-ci seraient «trop complexes» actuellement sur l’application et le site web de l’entreprise américaine.

«Le formulaire de Lime est très général et concerne tous les types de demandes, avec un texte à rédiger, un lieu à préciser. C’est long. Chez moi, ça ne prend que quelques secondes et avec le GPS, la localisation se fait automatiquement», indique le fondateur de SignalerLime, Pascal Robichaud, en entrevue à Métro.

Son site rend aussi disponible l’ensemble des informations sur les signalements en données ouvertes. Cela permet de voir combien de signalements ont été rapportés à Montréal et, surtout, dans quels secteurs ils ont été faits le plus souvent.

Le citoyen engagé dit ainsi vouloir «mettre de la pression» sur la Ville de Montréal pour que celle-ci traite les demandes au service de requêtes et de plaintes 311, ce qui n’est pas le cas actuellement.

«Il manque quelque chose en ce moment au niveau municipal. Tant qu’à moi, il devrait y avoir une tuile carrément dédiée au signalement des trottinettes mal garées à la ville-centre. Je ne dis pas de traiter ces informations-là, mais au moins de les transférer à Lime.» -Le fondateur de SignalerLime, Pascal Robichaud

Spécialisé en données ouvertes depuis 2005 – il détient notamment le compte DO101 MTL sur Twitter et y partage des centaines de données –, Pascal Robichaud estime qu’il faut revoir les règles en matière de signalétique notamment.

«J’ai un peu l’impression qu’on a voulu faire ça simple. Le marquage au sol n’est pas suffisant dans les rues de Montréal. Ce n’est pas toujours évident pour les usagers de s’y retrouver. Ça prend des panneaux de signalisation», avance-t-il.

Un règlement suffisant contre Lime?

La Ville de Montréal a annoncé vendredi qu’elle modifiera en octobre le règlement encadrant les trottinettes électriques de Lime sur son territoire, afin de pouvoir punir plus facilement l’entreprise et ses clients lorsque ces engins sont mal garés.

Les autorités remettront une amende de 50$ aux clients de Lime ayant mal stationné leur trottinette, s’ils sont pris sur le fait. Les sanctions seront remises tant par les inspecteurs du domaine public et de l’Escouade mobilité que par les policiers. Si l’usager fautif n’est pas sur place, c’est l’opérateur qui recevra une amende de 100$.

Pour Pascal Robichaud, l’intention est bonne, mais pas suffisante.

«Je n’y crois pas vraiment en réalité, tranche-t-il. Si personne ne rapporte d’infractions, ça ne servira à rien. Même les policiers qui en voient, je pense qu’ils ont d’autres préoccupations.»

Celui qui est chargé de projet en informatique dans la vie envisage actuellement de développer un système semblable pour les vélos JUMP. «Un bon nombre» de ces engins seraient aussi mal stationnés ou mal compris selon lui. Cette seconde plateforme devrait voir le jour d’ici une ou deux semaines, promet M. Robichaud.

Vifs débats au conseil municipal

Lors d’un débat au sujet des trottinettes Lime, lundi au conseil municipal, la mairesse de Montréal Valérie Plante est revenue sur les problèmes de gestion entourant ces engins électriques.

«Moi, je ne vais pas jeter le bébé avec l’eau du bain, a-t-elle insisté. Au contraire, on va continuer à travailler à améliorer les pratiques et responsabiliser les compagnies […] pour que les Montréalais aient l’offre de mobilité la plus intéressante possible.»

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, s’est quant à lui indigné que la Ville de Montréal veuille accroître le service de Lime dans des nouveaux arrondissements, dont Rosemont–La-Petite-Patrie, alors que la situation demeure instable.

«L’administration parle des deux côtés de la bouche. On ne peut pas d’un côté parler de problématiques en droit civil et, de l’autre, s’étendre dans d’autres secteurs», a-t-il protesté, parlant d’une «incohérence totale».

Appelée à réagir lundi, Lime n’a pas souhaité répondre aux questions de Métro.