Montréal

Un ancien wagon de métro à Polytechnique pour combattre l’anxiété et l’isolement

Un ancien wagon de métro à Polytechnique pour combattre l’anxiété et l’isolement
Photo: Henri Ouellette-Vézina/MétroLe début du projet remonte à 2016, quand la STM avait lancé un appel de projets pour reconvertir ses voitures MR-63.

Une voiture de métro MR-63 qui a roulé pendant 52 ans dans le réseau de la Société de transport de Montréal (STM) a été dévoilée lundi dans l’atrium des pavillons Claudette-MacKay-Lassonde et Pierre-Lassonde de l’École polytechnique. Le wagon sera reconverti en espace de «bien-être étudiant» et de sensibilisation aux problèmes de santé mentale en milieu universitaire.

«On veut en faire un lieu où c’est possible de décrocher, explique à Métro la coordonnatrice du projet Station Polytechnique et finissante en génie industriel, Érika Lajeunesse. Notre but est aussi de combattre le stress, l’anxiété, la pression à la performance et l’isolement. Il y a beaucoup d’étudiants étrangers qui sont seuls quand ils arrivent, par exemple. On veut rassembler les gens.»

Totalisant environ 1 M$, le budget du projet a permis aux étudiants-bénévoles de penser «plus grand», selon la responsable. «Si on n’avait fait pareil dans un petit local, personne n’aurait été curieux. Ça a coûté cher, mais au moins on en parle de la santé mentale. C’est ça, l’important», fait-elle valoir.

Son groupe, composé d’une dizaine d’étudiants en génie et en aménagement, pense être en mesure d’avoir un impact significatif en santé mentale. «On veut briser les tabous et être un premier contact vers les ressources d’aide. Pour nous, c’est un point de départ, un premier jalon pour Polytechnique, vers un projet commun en santé mentale», dit la jeune étudiante.

«Il y un énorme apprentissage de terrain derrière ça, beaucoup plus concret que dans nos cours théoriques. C’est vraiment un projet d’ingénierie mis au service de la communauté.» -Érika Lajeunesse, coordonnatrice de Station Polytechnique

Des tonnes de de matériaux valorisés

Appelé à réagir, le président de la STM, Philippe Schnobb, a qualifié lundi le projet «d’exemple» qui concorde avec la volonté de son organisation.

«On était pris il y a quelques années avec un léger problème, celui de se départir de 133 voitures […] qui allaient être remplacées par les trains Azur. Il fallait trouver des solutions», a-t-il illustré.

En 2016, la STM a ainsi lancé un appel de projets pour reconvertir ses voitures MR-63. Le projet des étudiants de Polytechnique est l’un des sept projets finalistes retenus par la STM parmi la trentaine de soumissions reçues. Mais il est le seul à conserver le train de «manière permanente» dans son milieu.

«On a réussi à détourner près de 7000 tonnes de matériaux de l’enfouissement par des mesures de recyclage et de valorisation, soit 87% de ce qu’on aurait pu [enfouir]. C’est une grande réussite.» -Philippe Schnobb, président de la STM

L’exercice pourrait inspirer l’équipe chargée de la valorisation de l’ancien pont Champlain qui sera en mesure de «profiter de cette expérience pour développer des stratégies», a souligné le président.

Une opération d’envergure

Pour la chargée de projets au Service des immeubles de Polytechnique, Christine Lessard, l’installation du wagon au troisième étage du pavillon, qui a eu lieu en juillet dernier, était certes très ambitieuse.

«C’était vraiment quelque chose, mais ça a super bien été, illustre-t-elle. La structure était déjà montée au complet. Mais il a fallu barrer les rues, monter les équipements et ramener la voiture jusqu’ici.»

L’opération, qui a duré «une bonne journée» selon elle, a nécessité l’ouverture du mur vitré de l’atrium Lorne-M.-Trottier, afin d’installer la voiture de 17 mètres sur un énorme support en acier.

Rappelons que les emblématiques wagons ont été retirés du métro en mai 2018. Une tournée d’adieu avait été faite sur les quatre lignes du réseau.