Montréal
03:30 11 décembre 2019

Une nouvelle offensive citoyenne pour la ligne rose à Montréal

Une nouvelle offensive citoyenne pour la ligne rose à Montréal
Photo: Archives MétroÀ Montréal, la mairesse Valérie Plante demande davantage d’investissements dans la mobilité depuis son entrée en pouvoir.

Une nouvelle offensive citoyenne est lancée en faveur de la ligne rose. Une pétition déposée à l’Assemblée nationale la semaine dernière somme le gouvernement Legault de financer «l’entièreté du tracé» demandé par l’administration Plante, soit 29 stations de métro entre Montréal-Nord et Lachine.

Près d’un millier de personnes ont signé la pétition en question en six jours seulement. La députée solidaire dans Mercier, Ruba Ghazal, parraine la démarche.

«Oui, il y a déjà un engagement pour le tronçon ouest de la ligne rose, mais ce n’est pas assez, explique-t-elle à Métro. Avec la ligne orange qui est déjà à pleine capacité et le prolongement de la ligne bleue qui amènera encore plus de pression, il suffit d’une panne pour que ça devienne terrible. La classe sardine, ce n’est pas juste une image. C’est une réalité.»

Elle condamne le retard important que le Québec a pris en matière de transport collectif. «On ne peut plus faire un projet aux 20 ans. Il va falloir accélérer le rythme. C’est ce que veulent les citoyens», insiste-t-elle.

Mme Ghazal dénonce par ailleurs que le Plan québécois des infrastructures (PQI) ne fasse étonnamment peu de place à la mobilité. «L’argent, on essaie clairement de le mettre ailleurs, dit Ruba Ghazal. Si on regroupe les investissements dans les routes et le transport collectif, on voit que la CAQ investit 70% dans le premier, et seulement 30% dans le second. Il faut inverser cela», tonne-t-elle.

«Ce qu’il faut changer, c’est dans le cerveau du gouvernement. Il faut réfléchir différemment, moderniser nos vieux paradigmes, bref sortir des années 80 et 90.» -Ruba Ghazal, députée de Mercier

Une ligne rose pour l’urgence climatique

Fin septembre, Québec solidaire faisait adopter à l’unanimité une déclaration de l’urgence climatique à l’Assemblée nationale, obligeant en théorie le gouvernement à «harmoniser l’ensemble de ses choix politiques avec cette situation de crise».

«Il faut réduire l’usage des autos solo. Plusieurs automobilistes ne veulent pas nécessairement utiliser leurs voitures. Ils veulent le mode de déplacement le plus efficace, sauf qu’en ce moment, notre transport en commun ne répond pas à leurs attentes», martèle Mme Ghazal.

L’ancienne femme d’affaires illustre son point en pointant vers les usagers de la ligne Deux-Montagnes, qui sont nombreux «à devoir prendre leur voiture» devant le manque de fiabilité dans les services.

«Oui, on part de loin, car il y a un rattrapage à faire, mais c’est d’abord et avant tout de la volonté politique», conclut-elle.

Les libéraux à bord?

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux de Justin Trudeau se sont engagés à investir 3 G$ supplémentaires, chaque année, dans les projets de transport collectif dans le Grand Montréal. Cela inclut évidemment le Réseau express métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue, mais aussi la ligne rose.

«C’est la première fois en cinquante ans qu’il y a autant d’argent sur la table en transport en commun», avait entre autres lâché la ministre Mélanie Joly.

«La ligne rose va pouvoir décongestionner la ligne orange, mais il y a d’autres projets qu’on veut soutenir. Notamment, le prolongement de la ligne orange au nord, vers la gare Bois-Franc», avait constaté celle qui est aujourd’hui ministre du Développement économique.

D’après les estimations de Projet Montréal, en campagne électorale, le projet de ligne rose coûterait environ 6 G$ dans son ensemble. Un montant qui est toutefois remis en question par plusieurs, dont la Commission de transport de Toronto (CTT).