Montréal
17:31 13 février 2020 | mise à jour le: 13 février 2020 à 18:37

La Ville de Montréal appelée à dénoncer les coups d’éclat des véganes «radicaux»

La Ville de Montréal appelée à dénoncer les coups d’éclat des véganes «radicaux»
Photo: Archives | MétroLe chef d'Ensemble Montréal, Lionel Perez

Ensemble Montréal presse la Ville de condamner les «intrusions illégales» de «véganes radicaux» dans des commerces. Une motion qui reçoit un accueil mitigé de la part du cabinet de la mairesse de Montréal.

«On voit un nombre grandissant d’incidents et d’intrusions illégales par différents groupes et individus, notamment sur l’enjeu [du véganisme]», évoque en entrevue à Métro le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez.

Ce dernier est l’auteur d’une motion qui demande à la Ville de dénoncer «les intrusions illégales et le vandalisme commis par des militants sur la propriété privée de restaurateurs et de détaillants montréalais». 

Incidents en hausse

M. Perez affirme avoir constaté une augmentation de ce nombre d’incidents dans la métropole. Le mois dernier, des militants pour les droits des animaux ont commis des actes de vandalisme ou ont manifesté à l’intérieur de différents restaurants connus de la métropole. Parmi ces commerces, on compte les restaurants Manitoba et Joe Beef. Ce dernier a été la cible de membres du groupe Direct Action Everywhere, qui ont franchi les portes du commerces pour y scander des slogans anti-consommation de viande. 

Or, «la consommation de viande est un choix individuel», rappelle la motion, qui ajoute que le droit de manifester ne peut justifier des actes illégaux. 

«On vit dans une démocratie libérale où le droit de manifester est fondamental, mais on fait ça sur la place publique. Quand on rentre dans l’espace privé, dans les commerces, ça devient illégal», souligne M. Perez. 

Récemment, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion similaire après que des activistes véganes aient pénétré dans une porcherie de Saint-Hyacinthe le 7 décembre. Ils y avaient filmé et photographié les conditions d’élevage des porcs. 

«Pour nous, c’est une opportunité de réaffirmer notre solidarité avec les commerçants et toutes les personnes qui veulent faire affaire dans l’espace public de façon tout à fait légale.» -Lionel Perez, chef d’Ensemble Montréal

Éviter les «amalgames»

Interpellé par Métro, le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a accueilli cette motion avec prudence.

«Il va de soi que nous dénonçons les gestes illégaux tels que le vandalisme, mais l’avis de motion proposé crée des associations dangereuses et improductives entre le véganisme et la radicalisation», a indiqué son attachée de presse, Catherine Cadotte.

L’administration Plante proposera donc «des modifications» à cette motion afin que les élus municipaux puissent «dénoncer les gestes illégaux sans créer d’amalgames».

Lionel Perez a toutefois nié que sa motion puisse entraîner la stigmatisation des personnes véganes.

«Ce ne sont pas les points de vue qu’on dénonce, mais les gestes qui sont posés parfois», a-t-il dit. 

Changements climatiques

La motion d’Ensemble Montréal montre d’ailleurs du doigt l’organisme Extinction Rebellion (XR), lequel est à l’origine de différents coups d’éclat dans la métropole. Quelques dizaines de personnes ont notamment manifesté contre l’utilisation de la voiture en janvier dernier dans le Palais des congrès, alors que s’y déroulait le Salon de l’auto.

Plus tôt, en novembre, des centaines de membres du groupe ont bloqué l’intersection des rues Peel et Sainte-Catherine pendant le «vendredi fou», scandant des slogans contre la consommation de masse. 

Appelé à réagir, le porte-parole de XR, Anthony Garoufalis-Auger, estime que cette motion vise la mauvaise cible.

«Tant que la Ville les autorités publiques ne prendront pas au sérieux les changements climatiques, les citoyens vont continuer à faire des actions comme ça», a-t-il prévenu.

«Les gens sonnent l’alarme et ce sont aux villes de prendre des actions d’urgence pour agir face à l’urgence climatique. En ce moment, ils ne le font pas, donc les citoyens passent à l’action», a-t-il ajouté.

Cette motion sera débattue pendant la prochaine séance du conseil municipal, le 24 février.

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