Montréal
15:38 26 février 2020 | mise à jour le: 26 février 2020 à 15:38 temps de lecture: 4 minutes

Budget du Québec: Montréal réclame plus de fonds pour faire face à la crise du recyclage

Budget du Québec: Montréal réclame plus de fonds pour faire face à la crise du recyclage
Photo: Josie Desmarais | Métro

La Ville de Montréal demande l’inclusion de près de 11 M$ dans le prochain budget du Québec pour l’aider à faire face à la crise du recyclage. La métropole s’estime «pénalisée» par le système de compensation actuel de Québec concernant la gestion des matières résiduelles.

«Les critères du gouvernement nous pénalisent au niveau de la formule mathématique, ce qui veut dire qu’on perd de l’argent parce qu’on est plus performants», a affirmé mercredi la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Cette dernière a donné une conférence de presse à l’hôtel de ville pour faire part de ses demandes en prévision du dépôt du budget du Québec 2020-2021, attendu le 10 mars, notamment en ce qui concerne le recyclage.

Centre de tri de Lachine

Depuis 2005, un régime de compensation permet aux municipalités québécoises d’être dédommagées pour les coûts reliés à la collecte, au transport et au tri des matières recyclables.

Les critères fixés dans celui-ci ont toutefois été critiqués à plusieurs reprises dans le passé par des municipalités. C’est le cas de Montréal, qui a investi massivement dans les dernières années pour améliorer ses techniques de recyclage. Elle a notamment dépensé plus de 45 M$ pour aménager le centre de tri de Lachine, qui dispose de technologies modernes pour maximiser le traitement des matières recyclables.

«Étant donné que la Ville a investi beaucoup dans son centre de tri de Lachine, elle souhaite avoir plus de fonds», analyse la spécialiste en gestion des matières résiduelles, Amélie Côté.

La Ville demande donc à Québec de lui accorder 10,6 M$ «additionnels» dans son prochain budget en compensation pour les matières qu’elle réussit à détourner de l’enfouissement. Elle presse d’ailleurs le gouvernement de miser davantage sur la responsabilité élargie des producteurs, ce que le gouvernement Legault s’est engagé à faire dans le cadre de sa réforme du recyclage.

«Au centre de Lachine, on se sent un peu pénalisé parce qu’on est super performants par rapport à la grille de calcul de Québec», a ajouté Mme Plante. 

La mairesse n’a d’ailleurs pas voulu s’avancer sur le futur gestionnaire du centre de tri de Lachine. Métro a dévoilé mercredi que la Ville envisage sérieusement de confier ce mandat à un organisme sans but lucratif.

«On n’a pas encore dit comment seraient gérés les centres de tri, comme celui de Lachine», a-t-elle dit.

Financement du SPVM

L’administration municipale réclame par ailleurs 51 M$ au gouvernement Legault afin de contribuer au financement du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Contrairement aux autres corps de police municipaux, le SPVM dispose de responsabilités additionnelles reliées au statut de métropole de Montréal. Il effectue entre autres des opérations reliées à la lutte au crime organisé, à la gestion d’événements et aux «menaces terroristes», a énuméré Mme Plante.

Ces opérations entraînent «un coût élevé pour les contribuables montréalais», souligne la mairesse dans une lettre envoyée le 12 février au ministre des Finances, Éric Girard. Elle demande donc au gouvernement Legault de lui accorder 51,5 M$ supplémentaires dans son prochain budget pour bonifier le financement du SPVM.

«Dans le cas du SPVM, on a besoin de ces ressources pour bien faire notre travail de métropole.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Logements sociaux

Alors que la métropole fait face à une crise du logement, Mme Plante réclame de bonifier de 320 M$ le financement dédié à Accès Logis Montréal d’ici 2022. La Ville espère ainsi pouvoir atteindre sa cible d’aménager 6000 logements sociaux et communautaires dans la métropole d’ici 2021.

Elle presse par ailleurs le gouvernement Legault de conclure une entente avec Ottawa en matière de logement. Le Québec est la seule province à ne pas avoir encore trouvé un terrain d’entente avec le gouvernement fédéral à cet égard.

«Il est là, l’argent, et il dort. C’est énormément de millions de dollars. C’est pas des peanuts», a laissé tomber Mme Plante.

En matière de mobilité, la liste de demandes de Mme Plante est longue. Elle réclame notamment le prolongement de la ligne orange du métro jusqu’à la future station Bois-Franc du Réseau express métropolitain et la création d’un tramway reliant Lachine au centre-ville.

Articles similaires