Montréal
11:32 12 novembre 2019

Le nouveau centre de tri «automatisé» de Montréal inauguré à Lachine

Le nouveau centre de tri «automatisé» de Montréal inauguré à Lachine
Photo: Josie Desmarais/MétroLa Ville possède un droit acquis sur les lieux pendant au moins neuf ans. Le terrain a coûté environ 4,3 M$.

Montréal allonge 45,2 M$ pour mettre sur pied son nouveau centre de tri des matières recyclables à Lachine, qui s’ajoute à celui de Saint-Michel. La Ville estime que ses nouvelles installations sont «les plus modernes» en Amérique du Nord. Par son «emplacement stratégique», le centre réduira de 93 000 kilomètres la distance annuelle effectuée par camions, ce qui équivaut à environ 220 tonnes de CO2.

«Le secteur des matières résiduelles a connu des turbulences importantes dans les dernières années. Dans ce contexte d’instabilité, la métropole est moins vulnérable d’un point de vue environnemental avec son centre de tri. On peut créer des économies sur le long terme», a martelé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, mardi.

Grâce à des équipements «de dernière génération», l’administration entend fournir des matières de meilleure qualité, augmentant ainsi leur valeur commerciale.

La machine devant permettre de trier le verre d’Éco Entreprises Québec (EEQ) n’a toutefois pas encore été acheminée à la Ville. «C’est une question de temps. On ne voulait pas retarder l’ouverture à cause de ça», a noté la mairesse.

«Il ne faut pas abandonner le recyclage du verre, a-t-elle indiqué. On veut nos bouteilles dans les bacs. C’est vraiment important.»

Josie Desmarais/Métro

Encore du progrès à faire

Appelée à réagir, la chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki (FDS), Louise Hénault Éthier, salue l’initiative de la Ville, mais remet en question son approche sur le verre.

«D’apprendre que l’équipement promis pour bien faire le tri du verre n’est pas là, c’est très décevant. La majorité de ce verre va être envoyé directement en recouvrement journalier. C’est assez choquant.» -Louise Hénault Éthier, chef des projets scientifiques à la FDS

La seule façon de réellement enlever la pression sur le CESM, ajoute-t-elle, «est qu’on arrête collectivement de gaspiller». «Il faut réduire à la source, tonne-t-elle. Ce n’est pas vrai qu’on va construire des centres de tri à l’infini pour réduire le poids sur le système. L’heure est à une baisse drastique de notre consommation.»

La spécialiste ajoute que l’industrie doit aussi être «plus responsable» en matière de mise en marché. «Il faut revoir les rôles et les responsabilités. On a longtemps misé au Québec sur la participation citoyenne, mais on a oublié l’efficacité du taux de recyclage réel. Il faut augmenter la performance du tri et desservir les marchés locaux d’abord.»

Même son de cloche pour la directrice générale au Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-MTL), Coralie Deny.

«Souhaitons que ce centre de tri nouvelle génération permette d’augmenter la qualité du tri pour assurer une véritable deuxième vie aux matières. Au bout du compte, on fait tout ça pour s’assurer que nos matières résiduelles prennent le chemin du recyclage, pas de l’enfouissement», a-t-elle insisté.

Un long processus

La capacité de traitement de ce nouveau centre «excessivement automatisé» est d’environ 100 000 tonnes de matières par année. Depuis son inauguration, fin octobre, environ 1000 tonnes auraient déjà été traitées. À terme, la Ville vise à obtenir la certification écologique LEED Or.

«On contribue directement à l’économie circulaire en rendant possible l’utilisation de matières recyclées dans la fabrication des produits.» -Valérie Plante, mairesse de Montréal

Dans un premier temps, l’administration Plante estime qu’elle en traitera 90 000 à Lachine, et 65 000 dans Saint-Michel. Le nouveau centre recevra environ 60% des matières recyclables de l’agglomération.

Bon an mal an, environ 9% des matières doivent être rejetées au CESM. La plupart de ces rejets «ne devraient pas se retrouver au recyclage à la base», indique le chef de division du Service de l’environnement de la Ville, Éric Blain.

Celui-ci dit aussi avoir entendu le message de la population quant à ses inquiétudes sur les conditions de travail dans les centres de tri. Des cabines de tri «insonorisées», filtrées et climatisées ont été installées au cœur du centre.