Montréal
18:21 4 mars 2020 | mise à jour le: 4 mars 2020 à 18:24

Une Montréalaise en cour contre le SPVM et la Ville pour profilage racial

Une Montréalaise en cour contre le SPVM et la Ville pour profilage racial
Photo: Josie Desmarais

Une Montréalaise poursuit la Ville de Montréal et son Service de police (SPVM) au civil pour profilage racial et fausses accusations à la suite de son arrestation en 2017, a constaté Métro. Vanessa Anna Baptiste exige aujourd’hui plus de 22 000$ en dommages punitifs et moraux.

Les avocats de la poursuivante ont déposé vendredi dernier une demande introductive d’instance devant la Cour supérieure du Québec. Ils reprochent un «comportement répréhensible» et «de la mauvaise foi» de la part des deux agents du SPVM qui lui ont mis les menottes il y a plus de deux ans.

La Ville de Montréal est aussi à blâmer pour avoir «créé un climat de travail où la discrimination raciale est tolérée», selon les représentants de Mme Baptiste.

L’intervention policière remonte à la nuit du 3 au 4 novembre 2017. Après avoir suivi le véhicule de Mme Baptiste sur le pont Jacques-Cartier, une autopatrouille du SPVM demande à la dame de s’immobiliser.

Selon les faits relatés par les avocats «la demanderesse […] tient déjà dans ses mains ses documents». Les agents, qui agissent comme défendeurs dans le dossier, s’approchent de Mme Baptiste, qui s’apprête à enregistrer l’intervention à l’aide de son téléphone.

«Mais les policiers frappent sa main sur le volant à deux reprises», peut-on lire dans le document judiciaire.

L’arrestation survient dans les instants qui suivent. Mme Baptiste est «plaquée» contre sa voiture et menottée, relatent ses avocats.

Au moment de son arrestation, la requérante «s’est sentie victime de discrimination et a vécu un fort sentiment de honte», rapportent aujourd’hui ses avocats.

Profilage

Arrêtée pour avoir refusée de fournir l’un de ses documents aux agents et pour avoir «émis un bruit audible», Mme Baptiste, a entamé l’an dernier des procédures en Cour municipale pour invalider ces constats d’infractions.

Au mois de septembre, le juge Randall Richmond a finalement opté pour la version de la Montréalaise originaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, aux Caraïbes.

«L’intervention policière avait toutes les apparences d’une partie de pêche et d’une détention arbitraire motivée par un profilage racial», avait écrit le juge Richmond dans sa décision.

Des cas répétés

Les cas allégués de profilage racial se multiplient à Montréal dans les dernières années.

Au mois d’octobre dernier, un rapport universitaire concluait que les policiers du SPVM sont beaucoup plus susceptibles de procéder à l’arrestation d’un Noir, d’un Arabe ou d’un Autochtone sur le territoire métropolitain.

Même si elles représentent 10% de la population, les personnes noires ont fait l’objet du quart des interpellations du corps policier de 2014 à 2017.

Le SPVM affirme travailler à l’embauche d’agents issus de la diversité pour enrayer ce type d’arrestation.

Articles similaires