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08:48 15 avril 2020 | mise à jour le: 15 avril 2020 à 16:42 temps de lecture: 4 minutes

Les BIXI débarquent à Montréal avec des nouveaux protocoles de désinfection

Les BIXI débarquent à Montréal avec des nouveaux protocoles de désinfection
Photo: Josie DesmaraisL’an dernier, BIXI Montréal avait battu son record d’utilisation. Plus de 320 000 personnes ont parcouru au total plus de 15 millions de kilomètres, selon la Ville de Montréal.

Les vélos en libre-service (VLS) de BIXI sont arrivés mercredi à Montréal dans un contexte particulier: celui de la pandémie de COVID-19. Des mesures drastiques ont été prises pour limiter les risques de transmission communautaire.

«On va suivre à la lettre ce que la santé publique nous demande de faire. Le pire scénario, c’est qu’on ferme le système. Et s’il faut retirer les vélos, on peut le faire en une journée. Pour le moment, les experts sont très à l’aise avec nos procédures», explique à Métro le directeur de BIXI, Christian Vermette.

Faisant écho aux propos de la mairesse Valérie Plante, le porte-parole affirme que les vélos en libre-service devront uniquement être utilisés pour «faciliter les déplacements essentiels».

D’ailleurs, plusieurs «nouveaux protocoles» de nettoyage et de désinfection seront mis en place. Ils incluent les vélos, les poignées, les guidons, les bornes de transaction ou encore les points s’ancrage. Malgré tout, BIXI suggère aux usagers «d’apporter leurs lingettes nettoyantes ou une solution désinfectante avec eux».

«Chaque fois qu’un employé est en contact avec un vélo, il va systématiquement le désinfecter. Cela dit, on ne peut pas garantir que chacun des vélos va être nettoyé avant ou après chaque utilisation. Les usagers ne doivent pas prendre de chances.» -Christian Vermette, DG de BIXI

BIXI est 100% sécuritaire, dit la Ville

Comme il s’agit d’un mode de transport «isolé et sans contact direct», les BIXI peuvent être utilisés sans craintes de propagation, croit le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell. Il rejette ainsi les critiques de certains citoyens concernant le retour de de ce mode de transport.

«On s’en sert en milieu ouvert. Si on l’utilise pour ses déplacements essentiels et en respectant les consignes d’hygiènes, il représente un mode de transport sécuritaire.» – Éric Alan Caldwell, responsable des dossiers de mobilité

La clé de location ou encore l’application mobile est recommandée pour réserver un vélo pour limiter les contacts. Chaque usager devra aussi éviter de toucher à son visage. Il devra enfin garder une distance d’au moins deux mètres avec chaque personne, puis se laver les mains entre chaque trajet.

Un citoyen qui présenterait des symptômes du coronavirus devra s’abstenir d’utiliser les services de vélo-partage.

Le vélo personnel doit primer, rappelle un expert

Pour l’expert en urbanisme de l’Université de Montréal, Jean-Philippe Meloche, le BIXI peut certes être un ajout intéressant pour certains usagers. Mais il ne doit en aucun cas remplacer le vélo personnel. «Les VLS sont un service essentiel quand Montréal fonctionne normalement, ce qui n’est pas le cas en ce moment. Prendre son propre véhicule ou son propre vélo, c’est plus judicieux», analyse le spécialiste.

«Ce n’est pas le bon moment pour partager quoi que ce soit. Il vaut mieux que les gens s’auto-responsabilisent.» -Jean-Philippe Meloche, expert en urbanisme

Il salue toutefois l’organisation de BIXI Montréal pour les mesures sanitaires «de taille» qui ont été prises pour assurer la sécurité. «Ils mettent tout en place pour minimiser les risques», observe-t-il.

Même son de cloche pour le président de Trajectoire Québec, François Pepin. «Il va falloir un jour retourner à la normale, et BIXI va en faire partie, lance-t-il. C’est une alternative intéressante. Si tout le monde se rentre dans une auto à Montréal, ça va être une catastrophe.»

Gratuit pour les travailleurs de la santé

Pour appuyer le personnel de la santé qui «redouble d’efforts en cette période exceptionnelle», un abonnement gratuit d’une durée d’un mois leur sera offert. Cela inclut les employés de tous les établissements publics de santé et de service sociaux montréalais.

«Le vélo fait partie de l’ensemble des options de transport offertes aux citoyens devant se déplacer dans le contexte actuel. Dont les travailleurs de la santé et des autres services essentiels.» – Dre Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal.

Selon des données de la Ville, 207 établissements de santé sont situés «à moins de 500 mètres» d’un point d’ancrage. Toutes ces stations sont situées près d’un métro également.

L’an dernier, BIXI avait battu son record d’utilisation. Plus de 320 000 personnes ont parcouru au total plus de 15 millions de kilomètres.

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