Montréal
12:23 5 mai 2020 | mise à jour le: 5 mai 2020 à 16:08 temps de lecture: 4 minutes

Parc Jeanne-Mance: les défenseurs du terrain de balle-molle déboutés en cour

Parc Jeanne-Mance: les défenseurs du terrain de balle-molle déboutés en cour
Photo: Josie Desmarais/MétroLe terrain de balle-molle du parc Jeanne-Mance a été démantelé à la fin mai, en 2018.

Les citoyens qui se sont mobilisés dans les dernières années pour réclamer la préservation d’un terrain de balle-molle situé dans le parc Jeanne-Mance ont été déboutés en cour la semaine dernière. La Ville n’a toutefois pas encore tranché sur l’avenir du site.

«Nous sommes très déçus. Nous étions confiants que nous allions gagner», soupire en entrevue à Métro Marisa Berry Méndez, qui compte parmi les six plaignants dans ce dossier.

À la fin mai, en 2018, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a démantelé le «terrain nord» du parc Jeanne-Mance, où se réunissaient chaque été des adeptes de balle-molle depuis des décennies. Un incident survenu à l’été 2016 a toutefois soulevé des enjeux de sécurité entourant ce terrain. Une dame avait dû être transportée à l’hôpital après avoir été blessée par une balle. La Ville craignait donc de s’exposer à des poursuites en rouvrant ce terrain, si d’autres incidents du genre survenaient.

Cause judiciaire

Consternés par la décision de la Ville, des adeptes de balle-molle ont envoyé une requête devant la cour en août 2018. Ils souhaitaient ainsi réclamer que ce terrain retrouve sa vocation initiale.

Afin de financer ce recours en justice, les plaignants avaient lancé dès décembre 2018 une collecte de fonds en ligne. Celle-ci a rapidement permis d’amasser plus de 10 000$. Une somme qui s’est avérée suffisante pour couvrir les frais engendrés par cette cause judiciaire, souligne Mme Berry Mendèz. La cause a été entendue en janvier dernier par la juge Florence Lucas, de la Cour supérieure du Québec.

«Dans le meilleur des scénarios, on voulait que la Ville reconnaisse qu’elle n’a pas le droit de défaire le terrain et qu’une remise en état est nécessaire», explique à Métro Marie-Claude Lacerte, une autre plaignante. Cette dernière souligne que ce terrain, en plus de son usage sportif, est aussi devenu au fil du temps un lieu de rencontre entre les citoyens de différentes classes sociales et origines demeurant dans le secteur. 

Les plaignants ont également souligné en Cour que la Ville n’a pas obtenu le feu vert du ministère de la Culture du Québec et du Conseil du patrimoine de Montréal avant de démanteler ce terrain. Or, celui-ci fait partie du site patrimonial du Mont-Royal.

«C’est surprenant que nos arguments concernant la protection des lieux culturels ont été pris de façon laxiste. C’est à se demander si d’autres sites culturels pourraient subir le même sort dans le futur», soulève Marisa Berry Méndez.

«Selon nous, le terrain n’aurait jamais dû être détruit de prime abord.» -Marie-Claude Lacerte, plaignante

Avenir toujours incertain

Si les plaignants écartent la possibilité de contester cette décision judiciaire, le dossier n’est pas tout à fait clos. Après avoir mené une consultation publique l’an dernier, l’administration municipale planche actuellement sur le plan directeur qui détaillera les grandes étapes du réaménagement à venir du parc Jeanne-Mance, ce qui inclut le «terrain nord». L’avenir des infrastructures sportives qui s’y trouvent demeure donc à déterminer.

«Le Terrain Nord est aujourd’hui démantelé. Ordonner sa remise en état devenait effectivement inopportun et théorique dans la mesure où le plan directeur à venir porte notamment sur les orientations et l’aménagement des terrains de baseball dans le Parc Jeanne-Mance», souligne la juge Florence Lucas dans sa décision de 22 pages. Celle-ci a été rendue le 28 avril. 

«Dans ce contexte, l’intervention du Tribunal n’apparaît plus requise ni utile.» -Extrait de la décision de la juge Florence Lucas

L’espoir des amateurs de balle-molle réside donc dans ce plan directeur, dont on ignore encore la date de publication. Ils espèrent que celui-ci tiendra compte de leurs préoccupations.

«On ne sait pas quand on va avoir le plan directeur. Il va falloir faire preuve de patience», laisse tomber Mme Lacerte. 

Le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a accueilli favorablement ce jugement. Celui-ci démontre «la légitimité» de la décision de la Ville de fermer le terrain nord du parc Jeanne-Mance «afin d’assurer la sécurité des citoyens», a affirmé son attachée de presse, Laurence Houde-Roy.

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