Montréal
20:25 21 mai 2020 | mise à jour le: 21 mai 2020 à 21:21 temps de lecture: 4 minutes

Interdiction des voitures : il n’y a pas eu de consultation, disent les commerçants

Interdiction des voitures : il n’y a pas eu de consultation, disent les commerçants
Photo: Josie Desmarais/Métro

Affirmant ne pas avoir été consultée par l’administration Plante, la SDC de la Petite Italie, qui représente les commerçants du quartier, déplore l’empressement de la Ville d’interdire les voitures sur un tronçon du boulevard Saint-Laurent.

«Je ne peux pas considérer qu’il y a eu un processus de consultation. L’arrondissement nous a contactés le vendredi [15 mai] à 17h30 et on devait leur donner une réponse dans la soirée, avec très peu d’informations», affirme Jean-Éric Delarosbil, directeur général de la Société de développement commerciale (SDC) Petite Italie et du Marché Jean-Talon.

Cinq jours plus tard, la Ville de Montréal et l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie annonçaient publiquement la décision de créer des «transit mall» en interdisant aux voitures de passer sur trois tronçons commerciaux des rues Beaubien, Masson et du boulevard Saint-Laurent.

En temps normal, pour prendre une décision aussi importante que celle-ci, la SDC aurait dû consulter ses 240 membres. Mais, dans ce cas-ci, la direction et le conseil d’administration (CA) ont dû se positionner très rapidement.

Conséquence, c’est dans les médias que certains commerçants ont appris la nouvelle. C’est le cas notamment de la Fruiterie Milano, qui qualifie « d’absurde » le plan de Ville.

Le choix «le moins pire»

Selon M. Delarosbil, l’arrondissement avait proposé à la SDC deux options d’aménagement sur le boulevard Saint-Laurent.

La première, proposée par la Ville, prévoyait une piste cyclable sur tout le côté est du boulevard, supprimant ainsi le stationnement. La seconde, défendue par l’arrondissement, interdisait l’accès aux voitures, mais permettait aux commerçants d’installer des terrasses.

«Il nous a semblé que si on ne faisait pas un choix, il nous serait imposé. On a donc réuni le CA en urgence et on a opté pour l’option la moins pire, raconte M. Delarosbil. La première option sans les terrasses aurait probablement tué nos commerces.»

Dans la foulée, la SDC a envoyé une lettre pour signaler son acceptation du projet proposé.

Mais le directeur général de la SDC insiste, son organisation n’a «à aucun moment» demandé ce projet, contrairement à ce qu’indiquait la mairesse sur Twitter.

Le cabinet de la mairesse Plante a refusé la demande d’entrevue, mais dans un courriel, son attachée de presse Catherine Cadotte a tenu à rappeler que la SDC a donné son accord par écrit à l’arrondissement et que c’est elle qui «détermine les modalités de communication avec ses membres ».

Mme Cadotte ajoute que le but des aménagements proposés par la Ville est de favoriser l’achat local, soulignant que la livraison locale sera toujours permise pour les commerçants. Les aménagements pourront aussi être réajustés au cours de l’été si nécessaire.

«L’arrondissement poursuivra le travail de collaboration avec ses partenaires commerciaux tout au long du déploiement de ces aménagements, nécessaires dans le contexte actuel», souligne-t-elle également.

Une consultation de rattrapage

Face à la situation, la SDC Petite Italie lancera dès demain une consultation auprès de ses membres, leur expliquant aussi les conditions dans lesquelles la décision a été prise. Les commerçants pourront ainsi voter pour l’option qui leur paraît la meilleure et faire des propositions.

«On travaille pour nos commerçants. C’est la position de nos commerçants qui nous importe le plus. Non pas celle de la Ville, non pas celle de l’arrondissement. Si nos commerçants sont en désaccord avec une mesure, c’est la position qu’on défendra», conclut M. Delarosbil.

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