Montréal
15:14 8 juin 2020 | mise à jour le: 8 juin 2020 à 16:17 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: le dépistage doit être complètement revu à Montréal, dit Arruda

Coronavirus: le dépistage doit être complètement revu à Montréal, dit Arruda
Photo: Josie Desmarais/MétroLe directeur national de santé publique, Dr. Horacio Arruda

Le modèle de dépistage pourrait changer «complètement» dans les prochains jours à Montréal. Du propre aveu du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, les unités mobiles de la Société de transport de Montréal (STM), qui ont été déployées au début mai, deviennent de moins en moins intéressantes.

«On est à revoir complètement à Montréal, sous peu, le modèle de l’offre de dépistage. Les autobus étaient une façon intéressante à un moment donné, mais ça semble être moins le cas actuellement», a expliqué M. Arruda lundi, lors d’une conférence de presse.

Selon lui, la priorité est de donner un accès «plus proche» à différentes cliniques pour les citoyens, dans leur arrondissement et leur quartier. «On va réévaluer l’ensemble de nos stratégies pour être en mesure de réaugmenter les tests», illustre l’expert médical, ajoutant que «le plus difficile» est d’inciter la population à se faire tester le week-end.

«On ne peut pas dire que la première vague est derrière nous, parce qu’on ne peut pas encore voir tous les effets du déconfinement.» -Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Dans les dernières semaines, moins de personnes se sont effectivement présentées pour se faire dépister, ce qui explique aussi la baisse du nombre de tests, dit le Dr Arruda, qui soutient malgré tout que le Québec ne teste pas «assez à son goût».

Chez les enfants, les conditions de confinement seront assouplies prochainement, a aussi fait savoir M. Arruda. Pareille demande avait été formulée par bon nombre de pédiatres dans les dernières semaines.

Au-delà du dépistage, des chiffres «encourageants»

Le Québec totalise maintenant 4984 décès, soit une hausse de six par rapport à dimanche. Quelque 53 047 personnes ont contracté la COVID-19, une augmentation de 198. Aux soins intensifs, on note toutefois une diminution de sept cas, pour un total de 121, alors que 979 citoyens sont toujours hospitalisés.

«C’est très encourageant, surtout qu’on a déconfiné un certain nombre d’activités, a réagi lundi le premier ministre, François Legault. On espère que ces chiffres continueront à être aussi bons dans les prochains jours.»

La situation permet d’ailleurs au gouvernement «d’aller plus loin». Ainsi, les rassemblements familiaux ainsi qu’en petits groupes seront dorénavant permis à l’intérieur. Québec annoncera aussi cet après-midi la relance du milieu de la restauration, avec des règles strictes toutefois en ce qui concerne la distanciation physique dans chaque établissement.

M. Legault a aussi salué l’investissement de 50 M$ pour les commerces montréalais, annoncé plus tôt dans la journée par le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. «On sera de loin la province la plus généreuse pour éponger une partie des loyers commerciaux», illustre le chef de la CAQ.


Pas de bâillon sur le PL61

Le dépôt du projet de loi 61, censé accélérer la réalisation de 202 projets d’infrastructure, continue de faire couler beaucoup d’encre à l’Assemblée nationale.

«Ce n’est pas du gaspillage de devancer ces travaux-là, ce sont des travaux qui auraient été faits de toute façon», s’est justifié lundi le premier ministre.

En plus d’accuser la CAQ de mettre de côté ses obligations en lutte à la corruption et en environnement, des élus de l’opposition s’inquiètent toutefois de voir le projet être adopté sous bâillon. Mais François Legault assure que ce ne sera pas le cas. «Il n’est pas question d’imposer ce projet de loi. On veut le bonifier avec tous les partis, pour le bien des Québécois, et du Québec», assure-t-il.

Plusieurs syndicats ont aussi remis en question la validité du PL61, lundi. «Par ce projet de loi, Québec se donne une immunité judiciaire qui empêche toute contestation ou recours devant les tribunaux, tout en maintenant l’état d’urgence sanitaire pour une période de deux ans, ce qui lui donne le pouvoir de limiter d’autres droits sous prétexte de la pandémie. On n’est pas loin d’un geste antidémocratique», a entre autres martelé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

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