Culture
12:59 20 juillet 2020 | mise à jour le: 20 juillet 2020 à 16:05 temps de lecture: 4 minutes

Cinémas: s’adapter à une nouvelle réalité

Cinémas: s’adapter à une nouvelle réalité
Photo: Félix Lacerte-Gauthier/MétroMario Fortin, président de direction et directeur général des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée.

Depuis maintenant deux semaines, les cinémas de l’Est de Montréal ont pu rouvrir leurs portes. Ils s’adaptent maintenant tant bien que mal à une nouvelle réalité.

«On a eu un départ tranquille, mais ça a été parfait, ça nous a permis de tester que tout était correct», croit Mario Fortin, directeur du cinéma Beaubien.

Depuis la réouverture, il constate que l’achalandage augmente graduellement. Pour l’instant, le nombre de spectateurs permis dans chaque salle est limité au tiers de leur capacité afin de respecter les consignes gouvernementales.

«Nos attentes étaient limitées vu les conditions qui nous sont imposées, mais le public revient tranquillement», se satisfait M. Fortin.

Propriétaire de la chaîne de cinéma Guzzo, Vincenzo Guzzo admet pour sa part que la première semaine a été difficile. «On avait fait environ 10% de notre chiffre d’affaires habituel. Malgré ça, c’est quand même le double de ce qu’ils font dans les autres provinces canadiennes.»

Il rappelle qu’à pareille date l’an passé, ses cinémas pouvaient compter sur plusieurs blockbusters pour attirer les curieux, sans compter un contexte plus favorable. Malgré tout, il se montre plutôt optimiste pour la suite des choses, rappelant que la période des vacances de la construction est habituellement plus achalandée, sans compter que plusieurs nouveautés devraient sortir prochainement.

«On s’attend tranquillement à revenir vers le 35-40%. Une fois ce nombre atteint, l’achalandage devrait être déterminé par les films à l’affiche», prévoit-il.

Au Ciné Starz Langelier, les attentes étaient également modérées pour la reprise des activités.

«On s’attendait à ce que ce soit un peu lent pour la réouverture, mais de jour en jour, le nombre de clients augmente. Il y a beaucoup de familles qui reviennent; les enfants semblent particulièrement contents de revenir au cinéma», remarque Joseph Victorin, gérant de l’endroit.

Il est néanmoins content de la façon dont se déroule la réouverture, notamment de la collaboration de la clientèle quant au respect des mesures sanitaires.

Autre cinéma important dans l’Est de l’île, le StarCité reste quant à lui fermé. Aucune date n’a encore été annoncée pour sa réouverture.

Le défi de la programmation

L’une des grandes interrogations qui planait à la veille de la réouverture des cinémas concernait la programmation qu’ils seraient en mesure d’offrir, alors que la sortie de nombreux films avait été reportée.

Les deux principales superproductions de l’été, Mulan et Tenet, ont d’ailleurs, pour une énième fois, vu leur sortie retardée. Les deux devraient être présentés au mois d’août, à moins d’une nouvelle annonce.

M. Guzzo admet d’ailleurs que ses nombreux reports, dus à la situation particulièrement problématique aux États-Unis, ont fait très mal à ses cinémas.

«J’ai des clauses dans mes baux qui font en sorte que je ne paie pas de loyer si je suis fermé, ce qui limite mes pertes. La problématique, avec ces films qui bougent, c’est qu’on se demande pourquoi on a rouvert», lance-t-il exaspéré.

Au Ciné Starz, on fait contre mauvaise fortune, bon cœur afin de s’adapter à la situation.

«C’est vrai qu’il y a moins de nouveautés, mais on réussit quand même à offrir une programmation intéressante. On remet des films qui avaient été populaires par le passé, comme le Livre de la jungle», explique M. Victorin.

Quant au cinéma Beaubien, qui présente surtout des films d’auteur, ces reports l’affectent beaucoup moins.

«Les défis étaient avant l’ouverture. On préparait des scénarios pour toutes les possibilités envisageables.» – Mario Fortin, président de direction et directeur général des cinémas Beaubien, du Parc et du Musée.

«Comme notre programmation ne dépend pas des sorties des grands studios états-uniens, on a moins de problèmes. Au contraire, on avait plein de stock sur les tablettes. Notre défi était de prévoir une sortie ordonnée des titres pour éviter qu’ils ne sortent tous en même temps», révèle M. Fortin.

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