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Forte baisse des signalements à la DPJ en raison de la pandémie

DPJ
La directrice de la protection de la jeunesse du CIUSSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Assunta Gallo. Photo: Josie Desmarais/ Métro

Après avoir connu une forte croissance l’an dernier, le nombre signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a chuté de plus de 20% pendant le confinement, notamment en raison de la fermeture des écoles au printemps.

Le bilan annuel de la DPJ, qui dresse un portait de la situation en date du 31 mars 2020, fait état d’une hausse de 12% des signalements reçus sur une période d’un an. Il s’agit d’une augmentation encore plus marquée que celle constatée l’an dernier.

Une situation que pourrait en partie expliquer la tragédie entourant la mort d’une fillette de 7 ans à Granby, l’an dernier, qui a eu pour effet de sensibiliser la population sur la fragilité des enfants victimes de mauvais traitements.

«Malgré la volonté de tous et des efforts consentis sans cesse pour mettre à l’abri les enfants de la maltraitance, il est toujours possible, malheureusement, qu’un drame survienne et mette en péril la vie d’un enfant», a d’ailleurs évoqué mercredi la directrice de la DPJ du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Linda See, en conférence de presse à Montréal.

Ainsi, l’an dernier, la DPJ a traité 118 316 signalements dans la province, alors que 324 situations d’enfants par jour ont fait l’objet de signalements, contre 289 l’an dernier. Ce sont d’ailleurs 36 590 enfants qui ont fait l’objet d’au moins un signalement retenu sur une période d’un an.

«On constate que la population est beaucoup plus sensibilisée», a souligné la directrice de la DPJ du CIUSSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal, Assunta Gallo, pour expliquer cette hausse du nombre de dénonciations.

Les appels à la DPJ l’an dernier visaient entre autres à dénoncer des cas d’abus physiques (25,3%), de négligence (22,1%) et de mauvais traitements psychologiques (16,9%). Les abus sexuels ont pour leur part représenté 6,2% des signalements.

Chute drastique

Au cours des dernières années, le nombre de signalements à la DPJ a connu une hausse constante, soulevant des enjeux concernant notamment le manque d’intervenants pour répondre à cette forte demande.

La tendance s’est toutefois inversée au cours de la première vague de la pandémie du coronavirus. Dans son rapport, la DPJ indique avoir reçu 24 625 signalements entre les mois d’avril et de juin 2020, ce qui représente une chute de 20,5% par rapport à la même période, l’an dernier.

Un renversement de la tendance que le rapport associe à «la situation exceptionnelle créée par la pandémie, qui a entraîné la fermeture des écoles, des garderies et des centres de loisirs». En l’absence de ces filets de sécurité, des abus pourraient ne pas avoir fait l’objet de signalements de la part de superviseurs dans ces établissements.

«Notre hypothèse, c’est que ça a eu un impact direct sur la baisse des signalements», souligne d’ailleurs Mme Gallo. La baisse des signalements a été particulièrement marquée en ce qui a trait aux abus physiques, a-t-elle précisé.

«Les dénonciations viennent en grande partie des milieux scolaires, mais aussi des milieux policiers et communautaires. Ce qui fait que pendant la pandémie, il y a eu une baisse importante de ces signalements-là», a aussi souligné la directrice de la DPJ du CISSS de Laval, Sonia Mailloux.

Tensions

Le confinement à la maison et les impacts de la première vague sur la situation financière de nombreuses familles pourraient aussi avoir exacerbé les tensions au sein de certaines d’entre elles, a pour sa part évoqué Linda See. La pandémie a aussi compliqué l’accès des enfants aux membres de la «famille éloignée», qui représentent souvent une porte de sortie quand la situation dégénère à la maison.

«On faisait face à des situations qu’on n’avait jamais vécues.» -Assunta Gallo, directrice de la DPJ du CIUSSS Centre-Sud-de-l’île-de-Montréal

Rentrée scolaire

La tendance à la hausse des signalements aurait toutefois repris dans les dernières semaines en raison de la rentrée scolaire.

«En fait, on est déjà en augmentation de signalements pour les enfants qui nécessitent une protection», a indiqué Mme Mailloux. La DPJ entend d’ailleurs mobiliser plus d’intervenants dans la province pour faire face à cette nouvelle croissance du nombre de signalements, a-t-elle ajouté.

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