Montréal
14:52 22 octobre 2020 | mise à jour le: 22 octobre 2020 à 18:21 temps de lecture: 4 minutes

Coronavirus: portrait sombre du centre-ville de Montréal

Coronavirus: portrait sombre du centre-ville de Montréal
Photo: Josie Desmarais/Archives Métro

La pandémie a entraîné une hausse du nombre de locaux commerciaux et de bureaux vacants au centre-ville de Montréal, tout en laissant présager que plusieurs employés pourraient continuer d’opter pour le télétravail au terme de cette crise sanitaire, du moins une partie de la semaine.

Ce sont ici quelques constats qui ressortent d’un rapport réalisé par l’Institut de développement urbain du Québec (IDU), en collaboration avec la société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville. Celui-ci s’inscrit dans un projet de 217 000$, financé en partie par la Ville de Montréal et Québec, qui vise à dresser un portrait de l’état du centre-ville de la métropole sur une base trimestrielle, jusqu’à la fin de 2021.

Le quart des commerces vacants

Le document, qui a fait l’objet d’une conférence virtuelle à 14h, permet notamment de constater que le nombre de commerces en situation de fermeture temporaire ou définitive a atteint 26% au centre-ville en août. Parmi ceux-ci, on retrouve une majorité de restaurants, mais aussi plusieurs boutiques et établissements offrant des services personnels, entre autres. Les commerces les plus affectés sont d’ailleurs ceux situés au rez-de-chaussée d’immeubles à bureaux, désertés dans le contexte de la pandémie.

«Ce n’est pas un chiffre qui a bondi de façon exceptionnelle. Mais ça ne veut pas dire que ce ne sera pas le cas dans les prochains mois», prévient le directeur général de la SDC Montréal centre-ville, Émile Roux, en entrevue à Métro.

La publication de ce rapport survient d’ailleurs quelques heures après la tenue d’une conférence de presse à l’hôtel de ville, jeudi avant-midi. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, y a alors annoncé un plan de soutien de 6 M$ pour les commerces, à l’approche du temps des Fêtes.

«Montréal ne pourra pas sauver ses commerçants à elle seule, a alors reconnu Mme Plante, soulignant les capacités financières limitées de la Ville. C’est pour ça que je demande au gouvernement du Québec de donner un statut particulier au centre-ville.»

Télétravail

Le rapport permet par ailleurs de constater une hausse du nombre de bureaux vacants au centre-ville, alors que plusieurs d’entre eux ont été mis en sous-location dans les derniers mois. Pendant ce temps, un sondage mené auprès de 250 travailleurs du centre-ville en août indique que 75% des répondants envisagent de continuer à travailler à domicile «la plupart du temps» ou «au moins la moitié de [leur] semaine de travail», après la pandémie.

«C’est clair que pour nous, l’occupation des tours à bureaux et l’évolution du télétravail, c’est quelque chose qu’on devra suivre parce que ça pourrait être préoccupant dans les mois à venir», souligne M. Roux. Avant la pandémie, plus de 300 000 travailleurs se rendaient quotidiennement au centre-ville, contribuant ainsi à faire rouler son économie.

Le document fait aussi état d’une chute de 69% pour le taux d’occupation des hôtels du centre-ville en août 2020, par rapport au même moment l’an dernier. La fréquentation des musées a pour sa part dégringolé de 96% cet été, signe des répercussions majeures de la crise sanitaire sur le milieu culturel.

«On appréhende les prochains mois de façon difficile», a d’ailleurs convenu jeudi le président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière.

«On risque de perdre des hôtels à Montréal.» -Yves Lalumière

La voiture gagnante

Le rapport constate d’ailleurs «une relation presque directe entre la baisse de fréquentation du transport en commun et l’augmentation de l’utilisation de la voiture personnelle pour aller travailler au centre-ville» dans les derniers mois.

Ainsi, en août, seulement 19% des personnes sondées utilisaient le transport en commun pour aller sur leur lieu de travail au centre-ville, contre 81% avant la crise sanitaire, selon un coup de sonde mené auprès de 1000 répondants du Grand Montréal.

À l’inverse, 75% des répondants qui continuent d’aller travailler au centre-ville privilégient maintenant leur véhicule personnel à cette fin, contre 23% avant la pandémie. Le pourcentage de travailleurs qui ont opté pour le vélo pour se rendre au bureau cet été a pour sa part a atteint 15%, en hausse de 4%.

Le service de vélo-partage BIXI a quant à lui vu son achalandage au centre-ville chuter de plus de moitié cet été au centre-ville.

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