Montréal
11:31 2 novembre 2020 | mise à jour le: 3 novembre 2020 à 12:32 temps de lecture: 5 minutes

Des pistes de solutions pour la relance verte du secteur aérien

Des pistes de solutions pour la relance verte du secteur aérien
Photo: Cole Burston/Getty ImagesUn avion d'Air Canada.

Le secteur aérien aura besoin de l’aide financière de Québec et d’Ottawa pour assurer sa survie pendant la crise sanitaire et planifier une relance «verte», estiment plusieurs acteurs du milieu.

Plusieurs représentants d’entreprises du milieu établies qui opèrent dans la métropole prennent part aujourd’hui à un forum stratégique sur l’aérospatiale organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Cette dernière a réalisé, de pair avec Aéro Montréal, un plan d’action pour renforcer ce secteur ainsi que celui du transport aérien dans le cadre du mouvement Relançons MTL mis en branle cet été pour faciliter la reprise économique de la métropole.

Malgré les défis financiers rencontrés par Bombardier dans les dernières années, qui ont amené l’entreprise québécoise à se concentrer sur la construction d’avions d’affaires, Montréal demeure la troisième capitale mondiale dans le secteur de l’aéronautique, après Toulouse et Seattle. Il représente en fait environ 43 400 emplois bien rémunérés dans la province, dont au moins 25 000 dans la région de Montréal.

Les impacts de la crise

Le secteur aérien a toutefois été un des secteurs «les plus touchés» par la crise du coronavirus, a rappelé lundi la PDG d’Aéro Montréal, Suzanne Benoit. Une situation intimement liée à la fermeture des frontières et aux mesures de quarantaine mises en place au Canada, comme ailleurs, qui ont fait chuter drastiquement l’achalandage des transporteurs aériens, comme Air Canada. Par «effet domino», les commandes de nouveaux avions ont chuté auprès des entreprises spécialisées dans la construction et l’entretien d’avions, dont les revenus ont chuté.

«La majorité des avions étant cloués au sol, on annule des commandes, reporte les livraisons et retire les modèles d’avions vieillissants ou moins performants en raison de leur trop grande capacité», souligne le rapport, que Métro a pu consulter sous embargo.

Ainsi, tant les transporteurs que les constructeurs ont dû mettre à pied temporairement des milliers d’employés. C’est aussi le cas d’Aéroports de Montréal (ADM), qui a dû réduire son effectif de 30%, faisant passer le nombre d’employés en poste de 600 à 428.

Soutien financier

À travers le monde, plusieurs pays à travers le monde, incluant les États-Unis, l’Allemagne et la France, ont débloqué des milliards de dollars dans les derniers mois pour épauler tant les avionneurs que les transporteurs aériens. Au Canada, l’aide offerte à ces derniers a été «très limitée» jusqu’à maintenant, souligne le rapport, que presse les autorités gouvernementales de corriger le tir.

«Pour ce qui est des compagnies aériennes, ce qu’on comprend, c’est que ce ne sont pas des subventions qu’elles cherchent, ce sont des prêts, mais [qui sont] très importants. On parle de plusieurs milliards de dollars», évoque le président de la CCMM, Michel Leblanc, en entrevue à Métro.

Le plan d’action réclame aussi des fonds pour ADM, tant pour l’aider à passer au travers de la crise sanitaire que pour faciliter la réalisation de certains «projets d’infrastructures».

«Il y a des pistes qui auraient besoin d’entretien [à l’aéroport de Montréal] et alors qu’il y a peu de vols, pendant la pandémie, ce serait le moment de le faire», souligne M. Leblanc.

En ce qui a trait aux constructeurs, «il faut aider les plus faibles», estime le président-directeur général d’Airbus, Philippe Balducchi, en référence «PME» qui oeuvrent dans ce secteur.

«Il y a des fournisseurs qui ont besoin de liquidités fortes et il faut les aider à faire face à ces besoins urgents», ajoute-t-il dans un entretien à Métro. Autrement, certaines entreprises pourraient ne pas passer au travers de la crise.

«Il est vraiment temps que le Canada aide son industrie [aérienne] parce que c’est une industrie qui est dans une compétition mondiale.» -Philippe Balducchi, président-directeur général d’Airbus

Reprise des vols

Afin de faciliter la reprise du secteur, le rapport demande aussi aux autorités gouvernementales de «revoir l’exigence de quarantaine pour les voyageurs arrivant au Canada et ayant subi un dépistage rapide» et de mettre en place un protocole de dépistage rapide des voyageurs.

«L’objectif, c’est de voir comment on va autoriser les gens à voyager, notamment pour permettre la reprise des voyages d’affaires», souligne M. Leblanc.

Créer des avions «verts»

Le plan d’action propose par ailleurs la création de programmes de financement pour contribuer au développement d’avions «verts», en misant par exemple sur la création de moteurs moins énergivores, voire électriques.

«Il y a vraiment un mouvement déjà du secteur aéronautique dans la réduction d’émissions. Maintenant, la pandémie sert d’accélérateur là-dessus», fait valoir Philippe Balducchi. Airbus se donne d’ailleurs comme objectif de créer un avion «zéro émission» d’ici 2035.

Par son appui financier, les principaux paliers de gouvernement pourraient ainsi contribuer à donner une place de choix à Montréal dans cette «compétition» pour la création de l’avion vert de demain, souligne quant à lui M. Leblanc.

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