Montréal
15:10 22 février 2021 | mise à jour le: 22 février 2021 à 17:00 temps de lecture: 4 minutes

Itinérance: plus de 3 M$ pour un refuge destiné aux Autochtones

Itinérance: plus de 3 M$ pour un refuge destiné aux Autochtones
Photo: Josie DesmaraisLe projet Résilience Montréal, une ressource dédiée aux Autochtones en situation d’itinérance à Montréal, reçoit un soutien financier de plus de 3M$ de la part du gouvernement du Québec pour concrétiser l’achat d’un bâtiment permanent. / Josie Desmarais

Le projet Résilience Montréal, une ressource dédiée aux Autochtones en situation d’itinérance à Montréal, reçoit un soutien financier de plus de 3 M$ de la part du gouvernement du Québec pour concrétiser l’achat d’un bâtiment afin d’y installer un refuge permanent.

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et la ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, en ont fait l’annonce lundi en compagnie de la directrice du développement philanthropique de Résilience Montréal, Nakuset, ainsi que de la vice-présidente à la Philanthropie et Communauté de la Fondation du Grand Montréal, Tasha Lackman.

Ce financement permettra à Résilience Montréal de sécuriser l’achat d’un nouvel immeuble puisque le bail du bâtiment que l’organisme occupe présentement à l’angle des rues Sainte-Catherine et Atwater se termine en avril.

La location précise ne peut être révélée pour le moment en raison d’une clause de confidentialité. Toutefois, les intervenants assurent qu’il se situe aux abords du Square Cabot, un parc du centre-ville fréquenté notamment par plusieurs Autochtones en situation d’itinérance.

«La nouvelle contribution aujourd’hui est nécessaire pour que le projet puisse rendre des services à l’ensemble de la population locale», a déclaré Ian Lafrenière.

En fin d’année dernière, Résilience Montréal avait reçu un premier financement de 700 000$ de la part de Québec et la Ville de Montréal pour que l’organisme puisse se trouver de nouveaux locaux. L’annonce de lundi est donc «une prochaine étape», a indiqué M. Lafrenière.

«Urgence d’agir»

Pour Québec, il y avait une «urgence d’agir» dans un contexte où l’offre d’achat du bâtiment ciblé se terminait au début mars. Il faudra ensuite rénover l’endroit et le rendre accessible.

Par ailleurs, pérenniser l’organisme était nécessaire pour améliorer le climat au Square Cabot, a indiqué Ian Lafrenière. «On a vu récemment qu’il y avait une augmentation des gestes de violence sur place et une augmentation de problèmes de consommation. Il y a même eu un décès, a-t-il rappelé. On devait agir, il y avait urgence d’agir.»

Selon Chantal Rouleau, il est impératif que les Autochtones en situation d’itinérance puissent trouver un endroit où ils peuvent recevoir les services et le support dont ils ont besoin. «Et ce, en toute confiance», a-t-elle ajouté.

D’ailleurs, les Autochtones représentent 12 % de la population en situation d’itinérance «visible» à Montréal, alors qu’ils ne représentent que 0,6 % de la population générale de la métropole, selon un dénombrement réalisé le 24 avril 2018.

Nakuset s’est dite complètement choyée et soulagée de l’annonce. «Je travaille dans ce domaine depuis plus de 20 ans et je n’ai jamais reçu un montant d’argent aussi important de la part du Secrétariat aux Affaires autochtones», a-t-elle expliqué.

Donateurs privés

Un groupe de sept fondations philanthropiques ajoute un montant de 1,5 M$ sur trois ans pour assurer le bon fonctionnement des opérations du refuge, a annoncé Tasha Lackman.

«Résilience Montréal répond aux besoins de la communauté tout en démontrant une agilité et un leadership», a-t-elle déclaré.

L’achat d’un endroit permanent permet maintenant à l’organisme de se concentrer sur l’offre de services. «Les personnes autochtones ont des problématiques quand ils vont à l’hôpital ou dans d’autres institutions. On veut développer des programmes et des services pour eux», a précisé Nakuset.

En plus de fournir un repas, un lit et un endroit où se reposer, l’organisme crée une véritable communauté pour des gens qui sont exclus de la société. «Ça sauve littéralement la vie de plusieurs personnes chaque jour», a fait valoir Tasha Lackman.

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