Hochelaga-Maisonneuve
05:00 26 février 2021 | mise à jour le: 26 février 2021 à 07:03 temps de lecture: 4 minutes

Peu d’appétit pour une piétonnisation de la rue Ontario en 2021

Peu d’appétit pour une piétonnisation de la rue Ontario en 2021
Photo: Archives/Métro MédiaLa piétonnisation de la rue Ontario ne plaît pas à tout le monde.

À l’exception des restaurateurs et des baristas, les commerçants d’Hochelaga-Maisonneuve manifestent peu d’appétit pour la piétonnisation de la rue Ontario l’été prochain.

Métro dévoilait le 22 février que la Ville de Montréal prévoit transformer dix artères commerciales en rues piétonnes cet été par le biais d’un programme de financement de 4 M$.

En 2020, la rue Ontario a été fermée à la circulation du 2 juillet au 8 septembre, entre Darling et Pie-IX. Plusieurs commerçants joints par Métro ne souhaite pas réitérer l’expérience cet été.

C’est le cas du propriétaire du Bric à Brac, Serge Hudon. Il affirme que la piétonnisation lui a fait perdre de 20 à 30% de son chiffre d’affaires.

«Il ne faut pas penser que tout le monde circule à pied sur la rue Ontario, sinon les stationnements du Jean Coutu et du Metro ne seraient pas tout le temps plein.»

Du côté de la Papeterie de l’est, l’expérience a été tellement négative, particulièrement avant la rentrée scolaire, que son propriétaire, Claude Lessard, a cherché à déménager son commerce.

Certains commerçants critiquent aussi un manque de coordination avec les travaux qui ont enclavé le secteur l’été dernier.

«Tout était en construction dans le quadrilatère. C’était impossible de se rendre ici d’une façon ou d’une autre», raconte le copropriétaire de la Librairie Z, Christian Viel.

Il dit avoir également observé une hausse des méfaits sur la rue.

«Ce n’était plus très le fun pour les gens de venir magasiner. Ça se battait dans la rue. Une journée, je pense qu’une ambulance est venue trois fois.»

Christian Viel déplore le manque de supervision, d’intervenants sociaux et de policiers. Malgré tout, il n’est pas complètement fermé à l’idée d’une piétonnisation.

«S’ils sont capables de me prouver que ça va être pas mal moins broche à foin que l’année passée et qu’il y a vraiment des plans d’action pour les irritants, ça se discute.»

Les restaurateurs

Du côté des propriétaires de restaurants et de cafés, la possibilité d’agrandir leur terrasse les rend généralement en faveur de la piétonnisation.

«Pour nous, ça crée une belle ambiance dans la rue, explique le propriétaire de l’Atomic Café, Martin Pelletier. Les autos prennent beaucoup de place dans la ville et ça nous donne un brake

Il ajoute que la pandémie frappe particulièrement les restaurants et les cafés, alors il aime qu’on les favorise pendant la saison estivale.

«Je pense que pour les restaurateurs, ç’a été un succès l’année passée», affirme le copropriétaire du restaurant Les Canailles, François Audette.

Si les mesures sanitaires sont les mêmes cet été, la possibilité d’avoir une grande terrasse à l’extérieur permet de compenser pour les places de moins à l’intérieur.

Également en faveur de la piétonnisation, la propriétaire d’Antidote, Élise Bellerose, ne croit pas que la fermeture de la rue soit la seule responsable des pertes de revenus de certains commerçants.

«Avec la Covid, on ne le sait pas.»

En mode solution

Le directeur général de la SDC Hochelaga-Maisonneuve, Jimmy Vigneux, affirme que son équipe cherche à trouver les meilleures solutions pour amoindrir les irritants occasionnés par la piétonnisation.

Une rencontre est prévue avec l’arrondissement à la mi-mars afin de planifier l’été 2021 et développer un projet répondant aux besoins des commerçants.

Concernant les questions touchant la cohabitation sociale, M. Vigneux mentionne la présence du refuge de CARE Montréal sur la rue Ontario qui a «effectivement créé des inconforts par rapport à la clientèle et aux commerçants.»

Il dit en revanche être conscient que tout le monde doit avoir sa place dans le quartier.

«Le but est de favoriser la cohabitation, mais l’année dernière, il y a eu certains conflits, même avec les résidents qui habitent derrière l’organisation.»

Il espère trouver des solutions pour éviter que cela se reproduise.

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