Montréal
05:00 13 mars 2021 | mise à jour le: 11 mars 2021 à 13:34 temps de lecture: 4 minutes

Beverley Jacques: le basket comme véhicule d’implication sociale

Beverley Jacques: le basket comme véhicule d’implication sociale
Photo: Félix Lacerte-Gauthier/Métro Média.Beverley Jacques, directeur de DOD Basketball, s’active dans la communauté du quartier de Saint-Léonard, où il a grandi.

Cofondateur de DOD Baskeball, l’implication de Beverley Jacques au sein de la communauté est aujourd’hui bien reconnue. Il revient sur son parcours, qui l’a vu passer du rap à l’engagement social.

Depuis le début de la pandémie, Beverley Jacques s’engage au sein de la communauté, participant à plusieurs cellules de crise mise en place. Récemment, il a lancé le projet d’Ambassadeurs du vivre ensemble pour favoriser le dialogue et inciter la participation des jeunes.

Des projets qui semblent bien éloignés du basketball, mais qui ont toujours été au cœur de la mission de DOD, selon son fondateur.

«Avec le recul, je crois que la première mission de DOD Basketball était sociale. Je voulais faire des tournois sportifs, mais il y avait aussi un besoin d’avoir un espace sécuritaire et rassembleur. Le véhicule pour le faire était le sport», estime Beverley Jacques. Son travail ne passe d’ailleurs pas inaperçu.

«J’étais un organisme sportif parmi tant d’autres. Je crois que la reconnaissance est venue à force de participer aux tables de quartier et de faire des activités où les gens nous supportent.» – Beverley Jacques, cofondateur de DOD Basketball

Poser les bases

L’année 2003 a été particulièrement importante pour Beverley Jacques. Il collabore pour la première fois avec Cyrano de Montréal, Karma Atchykah et Wahlee Sparks, avec lesquels il formera plus tard le groupe Negsayo, lui-même utilisant le pseudonyme de Jackpot pour son aventure musicale. En parallèle, il pose les bases de ce qui deviendra DOD Basketball.

«En 2002, Chavannes Clerveaux, un artiste, organisait un spectacle avec son organisme Vivre la relève, et il m’a proposé que je m’occupe d’aller chercher des commandites», se remémore-t-il.

«L’année d’après, je lui ai dit que je voulais faire un tournoi de basket. Il ne s’y connaissait pas, mais il m’a permis d’utiliser l’organisme pour l’organiser», ajoute-t-il.

Après ce premier événement, DOD Basketball est fondé pour organiser des événements sportifs à Saint-Léonard. En parallèle, Beverley Jacques devient aussi entraîneur à l’école Pierre-Dupuis.

Avec Negsayo, il a sorti un album, en 2007, qui a été suivi d’une tournée à travers le Québec. Certains des vidéoclips du groupe passaient fréquemment à Musique Plus. Néanmoins, Beverley Jacques prend la décision de quitter le milieu musical.

«J’ai eu ma fille en 2009, et je m’étais dit que je devais avoir les priorités aux bonnes places. La musique ne payait pas. Je devais me concentrer sur ce qui fonctionnait et DOD Basketball prenait son envol.»

«Je ne pense pas que les gens [dans le secteur communautaire] savent aujourd’hui que je rappais. Ils vont le découvrir dans l’article. Je ne l’ai jamais caché non plus, mais je dissociais Jackpot de DOD. Ce sont deux entités.» – Beverley Jacques

Une enfance en musique

«Je suis dans la musique depuis que je suis jeune. Mon père [Widmayer Jacques] était un artiste assez connu dans sa communauté, se rappelle Beverley Jacques. Autour de lui, je crois que j’ai eu cette opportunité de découvrir la musique à un jeune âge.»

À l’âge de 9 ans toutefois, il perd cette figure paternelle alors que son père décède. Il sera élevé seul par sa mère.

Chaque été, il se rendait chez son oncle à Brooklyn, où il a notamment pu découvrir la scène hip-hop, qui s’y développait à l’époque. À Montréal, la réalité de Saint-Léonard, où il a grandi, était plus difficile.

«À cette époque, on n’était pas beaucoup de la communauté noire dans le quartier. On devait toujours faire notre place», explique-t-il, se remémorant plusieurs épisodes où il avait vécu du racisme.

À travers son entourage, dont ses cousins, il a peu à peu commencé à rapper, se présentant en public pour la première fois lors d’un spectacle au secondaire.

«J’écrivais beaucoup. Mon premier amour, avant de rapper, était l’écriture. Ça a commencé par des poèmes au secondaire, confie-t-il. Je vivais une crise identitaire et la musique m’a aidé à savoir qui je suis.»

Vers la fin de 2020, les membres de Negsayo se sont à nouveau revus pour un court projet. Bien que Beverley Jacques ne ferme pas la porte au milieu de la musique, DOD sera toujours sa priorité.

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