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Projet Montréal veut une «taxe kilométrique» sur l’utilisation de l’automobile

Valérie Plante
La mairesse de Montréal, Valérie Plante Photo: Josie Desmarais/Métro

Les membres de Projet Montréal ont voté en faveur d’une «taxe kilométrique» sur l’utilisation de l’automobile afin de réduire le trafic de transit, la congestion et «favoriser l’émergence du transport collectif» lors de leur congrès annuel, samedi. Si les modalités d’une éventuelle taxe kilométrique n’ont pas encore été déterminées, l’ajout de cette mesure au programme du parti viserait à «amorcer un travail de fond» selon le conseiller qui a soumis la proposition, Jérôme Normand.

«À ce stade-ci, ce qu’on souhaite, c’est l’inscrire comme vision dans le programme pour ne pas qu’on l’oublie et que dans quatre ans, on se dise qu’on n’avait pas le mandat de travailler dessus. C’est une façon de restreindre l’utilisation de l’auto en solo à outrance particulièrement afin de réduire le trafic de transit et favoriser un transfert modal durable», indique M. Normand, qui est conseiller de la Ville de Sault-au-Récollet, dans Ahuntsic-Cartierville.

Le parti entend faire pression sur Québec pour que la mesure puisse également être appliquée à la première couronne entourant la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Pour ce faire, Projet Montréal compte s’appuyer sur la CMM ainsi que l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) dans ses démarches.

Cette proposition est nécessaire et serait selon nous fortement soutenue par la population montréalaise. On se dit que si ce n’est pas Projet Montréal qui le fait maintenant, il est légitime de se demander qui va le faire et quand», – Jérôme Normand

De son côté, le conseiller de la Ville dans le district de Jeanne-Mance, dans l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, Alex Norris, croit qu’une telle taxe pourrait représenter une alternative aux taxes foncières, résidentielles et commerciales, qui constituent selon lui un lourd fardeau pour les Montréalais.

«Il faut avoir le courage d’identifier des vraies sources de revenus qui peuvent être une alternative. Ces sources de revenus représentent de l’éco-fiscalité. On reconnait qu’on a des travaux à faire en matière d’infrastructures. Il faut pouvoir identifier des sources de revenus qui vont financer ça pour avoir un programme crédible à présenter», avance-t-il.

La résolution a été approuvée par 80% des membres inscrits au congrès tenu virtuellement, samedi.

Réduire les GES

En février dernier, un rapport préparé par la Fondation David Suzuki recommandait de taxer les déplacements en voiture en imposant une tarification kilométrique «stricte». Cette mesure aiderait la métropole à atteindre plus rapidement ses objectifs de réduction des gaz à effets de serre (GES) en offrant des potentiels de réduction allant jusqu’à 13%.

À la fin de 2019, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait, lors d’un discours devant l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, affirmé vouloir réduire la production de GES de 55% par rapport aux niveaux de 1990, et ce, d’ici 2030.

En présentant son Plan pour une économie verte, à l’automne, le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette, avait de son côté indiqué ne pas vouloir «y aller de mesures punitives».

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