Montréal
17:42 12 mai 2021 | mise à jour le: 13 mai 2021 à 07:11 Temps de lecture: 5 minutes

Théâtre engagé pour du logement social dans l’est de Montréal

Théâtre engagé pour du logement social dans l’est de Montréal
Photo: Gracieuseté/FRAPRUDes performances ont déjà eu lieu en mars à Pointe-Saint-Charles et dans Ville-Marie.

Une performance théâtrale sur la réalité des locataires de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et de l’est de Montréal sera présentée à la place Simon-Valois le 29 mai. Elle sera suivie d’une manifestation.

Cette performance se fait dans le cadre d’une tournée de théâtre engagé lancée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) au début de l’année et faite conjointement avec Temps publics, une compagnie de création de Tétreaultville. D’autres performances similaires ont eu lieu jusqu’à maintenant dans la métropole ou en région.

L’objectif est de convaincre le gouvernement Legault de financer un grand chantier de 50 000 nouveaux logements sociaux au Québec, sur une période de cinq ans. Sur le lot, 22 500 logements sont réclamés pour la région de Montréal.

«C’est une tournée régionale qu’on fait pour recueillir les témoignages de ménages mal logés et des militants des comités logements, explique la coordonnatrice du FRAPRU, Marie-José Corriveau. L’activité théâtrale est un peu un prétexte. C’est un bon moyen pour que les gens puissent s’exprimer sur leurs conditions de logements et sur les revendications qu’ils portent.»

Cela permet aussi d’interpeller plus directement la population locale et les médias locaux sur ces enjeux et faire connaître les demandes des comités logements et du FRAPRU, ajoute-t-elle.

Pénurie de logements, loyers non abordables, manque d’espace, insalubrité sont les différentes problématiques abordées.

Les femmes locataires

L’un des aspects qui seront mis de l’avant le 29 mai concerne les femmes locataires.

«À l’échelle du Québec, la plupart des ménages sont composés de personnes seules et la plupart du temps, ce sont des femmes. Elles ont des revenus beaucoup plus bas que les ménages dont le principal soutien financier est un homme. Ça, ça n’a malheureusement pas changé», déplore Mme Corriveau.

Elle fait remarquer que certaines femmes subissent du harcèlement de la part du propriétaire ou du concierge, «et ça peut être parfois du harcèlement sexuel, allant jusqu’à des demandes de faveurs sous la menace de se faire évincer si elles n’y consentent pas.»

S’ajoutent à cela les difficultés de trouver un logement lorsqu’on a des enfants.

Création interactive

La compagnie Temps publics souhaite colliger les différentes performances afin de présenter une pièce de théâtre à l’automne s’inspirant des témoignages recueillis auprès de locataires référés par les comités logements.

«Il y a une première journée d’atelier de médiation culturelle où on fait des petites activités créatives et on recueille le témoignage des gens, précise la directrice artistique de Temps publics, Geneviève Antonius-Boileau. Le lendemain, on se présente sur une place publique, on se laisse inspirer par ce lieu et on essaie d’y inscrire ce qui nous a marqué dans les témoignages qu’on recueillit.»

Elle explique que ces improvisations sont interactives. Une première proposition est faite lors de la performance, puis les comédiens posent des questions aux participants.

«On leur demande s’ils se sont reconnus dans ce qui a été présenté. Est-ce que ça les rejoint ? Est-ce qu’ils aimeraient que ça finisse autrement?»

À la suite de cet échange, les performeurs font une autre improvisation, tentant d’appliquer les suggestions et les commentaires des participants.

«On conserve ces improvisations comme des matériaux de création qu’on va par la suite retravailler. On va garder les moments les plus pertinents, les plus percutants et on va s’en servir pour l’écriture synthèse d’une présentation finale.»

Mme Antonius-Boileau raconte que dans les témoignages recueillis jusqu’à maintenant, la majorité était imprégnée d’une grande violence, «que ce soit des actions d’intimidation, d’intrusion sans permission, de mépris, de menaces, d’abus. Ça nous vire à l’envers. C’est inacceptable ce qu’on entend.»

Elle croit nécessaire que la voix de ces personnes soit entendue, afin de permettre une prise de conscience collective.

La présentation du 29 mai, faite en collaboration avec l’Infologis de l’Est de l’île de Montréal, le Comité BAILS et la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal, commence, à 10h30, à la place Simon-Valois.

Une performance dans Ahuntsic

Une performance improvisée s’inspirant du témoignage des ménages locataires de Montréal-Nord, Ahuntsic-Cartierville, Saint-Léonard et Villeray est également présentée le 14 mai, à 13h30, devant les Habitations Rêvanous.

Elle mettra entre autres l’accent sur les ménages locataires en situation de handicap, à la suite d’un atelier fait avec des participants de l’organisme Ex aequo.

Articles similaires