Montréal
18:04 8 mai 2021 | mise à jour le: 10 mai 2021 à 11:02 temps de lecture: 5 minutes

Manifestation du FRAPRU pour le logement social dans le Sud-Ouest

Manifestation du FRAPRU pour le logement social dans le Sud-Ouest
Photo: François Lemieux/MétroDes dizaines de militants pour le logement social ont manifesté dans les rues de Ville-Marie et du Sud-Ouest, le 8 mai.

Des dizaines de personnes ont marché dans les rues des arrondissements de Ville-Marie et du Sud-Ouest, samedi afin d’exiger du gouvernement de François Legault des investissements supplémentaires en logement social. Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui co-organisait la manifestation, clame que le Sud-Ouest serait le secteur montréalais où le loyer moyen a le plus augmenté en un an, soit une hausse de plus de 20%.

Partis en début d’après-midi de l’angle des rues Lucien-L’Allier et Torrance, dans l’arrondissement de Ville-Marie, les manifestants ont marché jusqu’au bassin Peel, dans l’arrondissement du Sud-Ouest.

La Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) estime que si un logement ne coûte pas plus de 30% du revenu avant impôt d’un ménage, il s’agit d’un logement abordable. Hassan El Asri, du Regroupement Information Logement (RIL) de Pointe-Saint-Charles, un autre organisme en charge de la marche de samedi, déplore le manque de logements abordables dans son secteur.

«L’arrondissement du Sud-Ouest est l’un des plus touchés par la crise du logement. Ce n’est plus une crise temporaire dans le Sud-Ouest. Plus de 3600 ménages doivent payer plus que 50% de leur revenu pour rester ici. Ils sont obligés de couper dans des besoins essentiels», soutient-il.

De son côté, Véronique Laflamme du FRAPRU soutient que le Sud-Ouest serait le deuxième secteur où le loyer inoccupé est le plus cher à Montréal, soit 1574$ en moyenne pour un logement inoccupé. Pour un logement familial de trois chambres à coucher et plus, le prix serait de 2200$, affirme-t-elle.

«Peut-être qu’il y a des logements disponibles, mais il y a des gens qui ne veulent pas baisser le prix de leurs logements et attendre que l’économie et le tourisme reprennent. Ces logements-là ne peuvent pas répondre aux besoins de la majorité de la population montréalaise dont les revenus sont de moins de 40 000$ par année» – Véronique Laflamme du FRAPRU

Dans l’ensemble de Montréal

La situation serait préoccupante non seulement dans le Sud-Ouest, mais dans l’ensemble de la Ville de Montréal, selon Mme Laflamme.

«Dans le dernier budget, on a prévu 500 logements sociaux pour le Québec. À Montréal, on retrouve 197 000 ménages locataires qui consacrent plus de la moitié de leur revenu pour se loger. Quelque 23 000 ménages sont en attente pour un loyer modique. La semaine passée, M. Legault a déclaré que «s’il faut en faire plus, on va en faire plus». Alors aujourd’hui, on le prend au mot. C’est pour ça qu’on est dans la rue», explique-t-elle.

Les personnes en situation de handicap, les femmes victimes de violence conjugale ou appauvries par la pandémie, les personnes en situation d’itinérance, les familles et les personnes aînées n’ayant pas les moyens d’aller en résidence privée seraient les groupes plus affectés par le manque de logements sociaux.

Le FRAPRU a prévu d’autres manifestations, dont une à La Prairie, lundi et une autre à L’Assomption, mercredi.

Réaction de Québec

Le cabinet de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a réagi, samedi après-midi, à la manifestation tenue à Montréal, reconnaissant notamment «qu’il y a une rareté de logements à plusieurs endroits au Québec, dont la métropole».

«Notre gouvernement en est conscient et nous travaillons sur l’offre de logements pour que les Québécois puissent avoir accès à des logements à prix abordable. Il ne faut pas oublier que lorsque nous sommes arrivés en 2018, le gouvernement précédent avait accumulé un retard de construction sans précédent de 15 000 logements. C’est donc sur l’offre que nous agissons notamment», peut-on lire dans une déclaration envoyée par courriel à Métro.

Depuis 2018, 3080 logements ont été construits, 3424 sont en cours de construction et 1500 le seront bientôt, affirme-t-on également dans la déclaration.

Mardi, la ministre Laforest, annonçait la construction ou l’acquisition et la rénovation de 1500 logements abordables et familiaux au Québec, en partenariat avec un regroupement d’investisseurs des secteurs privé, public et philanthropique. L’investissement s’élève à près de 151 M$.

Le lendemain, on apprenait qu’une dizaine d’immeubles, barricadés ou en voie de l’être, seront rénovés ou réhabilités en logements à Habitation à loyer modérés (HLM) à Montréal, grâce à un investissement conjoint de Québec et d’Ottawa d’une valeur de 100 M$.

Précisément, les 100 M$ devraient permettre de rénover ou réhabiliter 517 unités et toucher environ 500 familles. Les projets devront se terminer à une échéance de trois ans.

«C’est près de 1 G$ que nous avons investit depuis 2018 […] et d’autres annonces suivront dans les prochaines semaines. Nous avons un plan pour rattraper les retards du passé et augmenter l’offre durablement», conclut le cabinet de la ministre Laforest.

Autres actions du FRAPRU

Ce n’est pas la première fois que le FRAPRU manifeste dans l’arrondissement du Sud-Ouest cette année. Le 8 février, environ 80 personnes membres de plusieurs groupes de pression dont le FRAPRU avaient manifesté dans le Sud-Ouest pour du logement social alors que Québec préparait son budget.

 

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