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Fusillade: les réseaux sociaux, «le nouveau champ de bataille»

L’inspecteur David Shane, porte-parole du SPVM. / Josie Desmarais/Métro Photo: Josie Desmarais

Si les fusillades se multiplient dans les rues de la métropole, le nouveau « champ de bataille » des policiers montréalais se trouve plutôt en ligne. Les réseaux sociaux, sur lesquels la glorification et de la banalisation des armes à feu est courante, posent un problème, mais offrent aussi des pistes aux enquêteurs.

«Les réseaux sociaux sont le secteur le plus chaud», affirme le chef de la Section du crime organisé Francis Renaud, ce jeudi lors d’une «séance d’information» consacrée aux médias.

Un individu qui montre des impacts de balles sur son véhicule, un autre faisant des signes de gang avec ses mains ou encore des armes à feu mises en avant dans des vidéos clips de musique.

Autant de vidéos visibles sur Instagram et Tiktok qui inquiètent les autorités. Ce phénomène, aussi appelé «net banging», participe à une certaine apologie de la violence chez les jeunes.

Pour cette raison, les enquêteurs scrutent les moindres détails des vidéos afin de trouver des indices. Un tee-shirt, un lieu de tournage de vidéo, une maison.

Certains indices ont d’ailleurs permis aux policiers de remonter des pistes et d’arrêter les individus en question. Le SPVM encourage les citoyens à dénoncer ces vidéos et à envoyer les liens URL et autres impressions d’écran via la plateforme infocrimemontreal.ca.

David Bertrand, inspecteur-chef du Service des enquêtes criminelles au SPVM, témoigne à ce sujet de l’augmentation de «la complexité des enquêtes» à cause des réseaux sociaux.

Toujours plus jeunes

La culture de la violence est devenue un «mode de vie». Les craintes de représailles et du milieu carcéral ne font plus peur. «C’est devenu une manière de faire valoir sa notoriété dans le milieu», souligne David Bertrand.

Dernièrement, un adolescent de 15 ans a été arrêté moins de 24 h après une tentative de meurtre survenue dans une ruelle à Saint-Léonard.

Lors de son arrestation, le mineur avait en sa possession une arme de poing chargée et 1 800 $ en argent comptant, a indiqué la police de Montréal dans un communiqué.

Les anciens noms du crimes organisés qui travaillent avec les services de police, témoignent du fait qu’ils n’ont plus «aucune main mise sur les jeunes», affirme M Renaud.

Le SPVM assure que les jeunes sont plus «désorganisés», ce qui peut compliquer parfois leur travail d’enquête.

Mise en garde

De son côté, Pierreson Vaval, directeur de l’organisme communautaire Équipe RDP, déplore le fait que l’on ne s’attaque pas aux «réelles causes de la violence.»

«Les réseaux sociaux sont un véhicule de la violence. Le contenu qui circule ne vient pas des réseaux sociaux. Il faut éliminer l’intérêt des jeunes pour la violence en s’attaquant aux vraies causes », dit-il.

Statistiques sur les armes à feu

En date du 31 Août, le SPVM a comptabilisé près de 451 armes à feu illégales saisies, soit une augmentation de 15 % par rapport à 2020.

Les derniers chiffres fournis en date du 27 septembre, font état d’un total de 23 homicides sur le territoire montréalais, dont 10 sont des règlements de compte.

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