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Pas de client pour la bouteille de scotch à 49 400$

Photo: Rachele Mc Duff/Métro

Personne ne s’est bousculé jeudi pour acheter la bouteille de scotch Balvenie 50 ans d’âge. La faute de la SAQ ?

Pour la mise en vente de la précieuse bouteille, la SAQ n’a pris aucun risque. Elle est présentée dans une vitrine cadenassée. Mis à part quelques curieux qui la prennent en photo, pas d’acheteurs en vue. «On a deux collectionneurs intéressés, mais pour l’instant rien de plus», indique Annie Thériault, directrice de la SAQ Signature, rue Sainte-Catherine Ouest.

Même si seulement 88 bouteilles auront été mises sur le marché dans le monde, la SAQ n’offre pas un prix très concurrentiel. La bouteille s’était vendue autour de 32 000$ aux États-Unis et 33 500$ à Vancouver, soit 32% moins cher qu’ici.

Comment expliquer cela ? «Au Québec, le gouvernement applique des marges excessives», explique Frédéric Laurin, professeur d’économie et auteur de «Où sont les vins? Le problème de la distribution du vin au Québec».

Alors que la BC Liquor Store applique une marge globale d’environ 40%, la SAQ ajouterait un taux de 87% au prix du fournisseur. «Et selon les informations obtenues auprès de producteurs, ça tournerait même autour de 145%», estime M. Laurin qui revendique une libéralisation partielle du marché pour mettre fin au monopole de la SAQ.

La SAQ défend sa stratégie de mise en marché et indique qu’elle essaie toujours d’acheter ses produits au prix le plus bas du marché pour en faire bénéficier ses clients. Le Balvenie 50 a comme caractéristique d’avoir vieilli dans un fût de chêne à xérès, technique rarement utilisée pour la fabrication du whisky. Et surtout sa maturation a été supervisée par le Tiger Woods du domaine, le «malt master» écossais David Stewart. Ce dernier est arrivé à la distillerie Balvenie en 1962, la même année où le précieux nectar a été mis en fût.

«Ce scotch témoigne d’une époque aujourd’hui quasiment révolue où on utilisait des chênes européens pour faire les tonneaux de whisky et où le maltage se faisait en trempant la céréale dans l’eau pendant plusieurs jours», explique Sam Simmons, un des représentants de la distillerie.

À l’origine, le tonneau contenait l’équivalent de 350 bouteilles. Mais l’évaporation aidant, il n’en est resté que 88 au bout de 50 ans. «Les anges ont pris leur part», disent les gens du métier. Faut croire que les anges aiment particulièrement le vieux Balvenie!

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