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Cégépien, « connais-tu ton pot? »

Dre Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal Photo: Isabelle Chénier, Métro

Connais-tu ton pot? C’est la question posée par cinq cégeps de Montréal aux étudiants, et la question à laquelle quatre capsules vidéo sur la consommation responsable et sécuritaire du cannabis tentent de répondre.

«L’abstinence n’est pas un choix réaliste ou possible pour tous», a déclaré d’entrée de jeu Shera Robinson, agente des services sociaux au Collège Vanier, lors du lancement de la campagne vidéo, tenu ce matin au Collège Dawson.

Ce fait mis sur la table, l’approche qui a guidé ce projet collaboratif a donc été de développer un outil invitant pour les jeunes, afin que ceux qui choisissent de consommer du cannabis le fassent en toute connaissance de cause et de la manière la plus sécuritaire.

Cette campagne vise spécifiquement les jeunes de 18 à 24 ans, soit le groupe qui consomme le plus de cannabis en termes de proportion, précise la directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

«Ce sont 40% des jeunes de 18 à 24 ans qui disent avoir consommé dans les 12 derniers mois. De ce 40%, il y a en a autour de 37% qui sont quand même des consommateurs à plus haut risque, qui disent consommer régulièrement ou même quotidiennement», a précisé la Dre Drouin.

«Tout ce que tu as toujours voulu savoir sur le cannabis, sans jamais avoir pu poser la question»

Au fait du tabou qui plane toujours sur la consommation du cannabis, les intervenants sont allés sonder virtuellement et en personne les étudiants des établissements collégiaux participant au projet, soit ceux de Bois-de-Boulogne, de Dawson, de Maisonneuve, de Rosemont et de Vanier. Les langues se sont déliées et une centaine de questions ont été récoltées.

Parmi les plus fréquemment posées, Coralie Bazinet, travailleuse sociale au Collège Bois-de-Boulogne, en énumère quelques-unes. «Est-ce que c’est dangereux pour mon cerveau? Est-ce que je vais devenir moins intelligent? Est-ce que ça peut aider à soulager mon anxiété? Est-ce que c’est mieux de fumer ou d’ingérer mon cannabis?»

De ces interrogations ont émanées quatre capsules d’une durée de deux minutes, produites par Birfurk, un studio de création basé à Montréal spécialisé en animation et motion design, et destinées à l’ensemble du Québec anglophone et francophone.

«On a voulu créer un projet – on le souhaite – attrayant, qui parlait à nos jeunes et, surtout, qui répondait à leurs questions en utilisant l’approche de réduction des méfaits», souligne Mme Bazinet.

Qu’en pensent les jeunes?

Les étudiants du Collège Dawson présents pour assister à la projection exclusive des quatre capsules animées ont exprimé leur enthousiasme quant à ce type de contenu.

«Personnellement, j’ai trouvé que les vidéos animées étaient très le fun. Si cela avait été juste une personne, ç’aurait été tellement plate», a affirmé Sarah. La jeune femme est aussi sensible au fait que ces vidéos s’éloignent du côté moralisateur souvent associé aux campagnes de prévention des dépendances auprès des jeunes. «Ils ne sont plus dans le ‟ne fume pas, c’est mauvais”. C’est plus ‟si tu vas fumer, voici les risques”. C’est un choix qu’il te donne. C’est ouvert. Prends la décision pour toi-même.»

Tani abonde dans le même sens. «J’ai trouvé que c’était très bien fait. Ce n’est pas formel, il n’y a pas de jugement.» Son amie, Katrina a quant à elle constaté l’aspect engageant des vidéos tout en démystifiant certaines croyances quant aux supposés bienfaits du cannabis.

«Il y a une idée autour du cannabis que ce n’est pas mauvais, qu’il n’y a pas d’effets négatifs. Les vidéos étaient très réalistes et nous informent des aspects moins positifs d’une façon qui n’est pas plate.»

À ce propos, Tani, qui ne consomme plus de cannabis, a raconté à Métro qu’il a vu plusieurs de ces amis s’isoler, préférant «rester à la maison et fumer».

Quelques bémols

Sarah a constaté que ces capsules s’adressaient à un public qui possédait déjà des connaissances générales de base au sujet du cannabis. «Quand on parle de THC, moi, je sais c’est quoi, mais j’ai déjà eu la conversation avec quelqu’un de mon âge qui ne savait pas ce que c’était et ne connaissait pas ses effets», a-t-elle souligné.

Quant à Tani, il croit qu’il aurait été bien d’aborder davantage l’évolution des produits au cours des dernières années. «La seule affaire que j’aurais changée, c’est que les gens ont tendance à penser que c’est le même cannabis fumé par nos parents et nos grands-parents. La quantité de cannabis qu’on fume donne des effets très différents depuis les 25 dernières années.»

Interrogée à ce propos, Shera Robinson a expliqué que d’autres points seront approfondis dans de prochaines capsules. «Ce qu’on voulait faire avec ces capsules, c’est toucher aux questions plus générales. On aimerait faire une série de vidéos plus pointus. Dans le futur, on veut faire beaucoup plus tout en gardant les vidéos très courtes.»

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