Montréal

Sainte-Catherine pourrait fermer les soirs de match

Les débordements d’hier, en marge de la victoire du Canadien, coûteront 500 000 $ à la Ville. Le service de police n’exclut pas de fermer la rue Sainte-Catherine les soirs de matchs pour la suite des séries.

Le SPVM a effectué 16 arrestations et compte en réaliser d’autres pour neutraliser «les petits groupes organisés» qui ont brûlé 5 voitures de police, abîmé 11 autres et vandalisé 7 commerces du centre-ville. «Nos enquêteurs sont sur YouTube et Facebook pour analyser les images mises sur internet», a déclaré le directeur du SPVM, Yvan Delorme.

«On a beaucoup appris depuis les débordements de 1993, a ajouté Pierre Paul Pichette du SPVM. Je croyais qu’au niveau de la société on avait aussi fait ce chemin-là, mais je constate que ce n’est pas le cas, surtout qu’on n’est qu’en huitième de finale.»

Manque de policiers?
M. Pichette n’a pas voulu donner de détail sur le nombre de policiers engagés hier, mais s’est déclaré satisfait qu’il n’y ait eu aucun blessé et que ses policiers aient été capables de répondre aux provocations sans avoir recours aux gaz lacrymogènes ou à des arrestations massives.

Pour certains, l’ampleur des dégâts indique que la police a été prise de court. «Les forces policières n’étaient pas prêtes à faire face à une telle violence organisée, mais je suis confiante que la prochaine fois, elles le seront», a déclaré la chef de l’Opposition officielle, Noushig Eloyan.

La Ville et le SPVM annonceront, d’ici demain, quelles seront les mesures mises en place pour éviter les débordements. La possibilité d’une fermeture de la rue Sainte-Catherine n’est pas à écarter.

Pendant ce temps-là, chez Reebok, American Apparel, à la SAQ et dans les autres commerces touchés, on remplaçait les vitrines.

Condamnation unanime
Les débordements en marge du dernier match du Canadien ont rebondi jusqu’à l’Assemblée nationale hier.

Pour le chef de l’ADQ, Mario Dumont, la police aurait dû jouer de la matraque pour que «les voyous qui se paient un party au centre-ville de Montréal» arrêtent «d’être morts de rire en mettant le feu à des autos-patrouille».

Interrogé en chambre, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a répondu qu’il ne fallait pas mettre la police au banc des accusés.

En fin d’après-midi, la direction du Canadien a appelé les partisans au calme. «Nous souhaitons que les manifestations se déroulent dans la joie et le respect de l’esprit sportif qui nous rassemble», a déclaré son président, Pierre Boivin.

Même le maire de Mont­réal Gérald Tremblay a cru bon intervenir, alors qu’il arrivait à peine d’Haïti après avoir rencontré son président.

Le maire a refusé de jeter le blâme sur les forces policières, mais a insisté pour que la lumière soit faite sur les événements. «On ne peut pas permettre à un petit groupe de personnes de vandaliser le domaine public […], et je peux vous dire que cela a un impact sur l’image de Mont­réal», a-t-il déclaré.    

– Avec  La Presse Canadienne

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