Montréal

Des artistes en colère

Solidaires des uns et des autres, un peu plus d’un millier d’artistes ont exprimé hier à Montréal leur indignation à l’endroit du gouvernement Harper, qui a supprimé au début du mois des programmes de soutien aux artistes à l’étranger d’une valeur de plus de 45 M$.

«Partout, on réalise que l’art, la culture et les échanges sont essentiels à l’évolution pacifique de l’humanité. Avec les coupures, le Canada s’en va clairement à contrecourant», a lancé le cofondateur de la compagnie Les 7 doigts de la main, Samuel Tétreault, à ses collègues issus de tous les milieux artistiques, réunis à la Société des arts technologiques de Montréal. Ils étaient accompagnés d’une poignée de politiciens, dont le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et les députés libéral et néo-démocrate Denis Coderre et Thomas Mulcair.

Des conséquences plus que désastreuses

«Le rêve de sortir nos productions à l’extérieur de nos frontières vient d’être complètement charcuté, a déclaré la directrice du Théâtre du Nouveau Monde, Lorraine Pintal. Est-ce que je dois comprendre au plus profond de moi-même que c’est le Québec qu’on bâillonne, parce que c’est au Québec qu’il y a le plus d’ambassadeurs culturels à l’étranger?»

Le directeur général du théâtre Les Deux Mondes, Pierre MacDuff, est allé plus loin en disant que les coupures annonçaient l’arrêt de mort de plusieurs entreprises «que l’exiguïté du marché intérieur contraint à un rayonnement extérieur».

L’abolition des programmes culturels fédéraux nuira au rayonnement du cinéma québécois à l’étranger, a avancé de son côté la productrice Denise Robert. «Pourquoi nous contenter de regarder des étrangers remporter des prix aux cérémonies des Oscars ou des Césars quand des artistes d’ici peuvent être parmi ceux qui les reçoivent», s’est-elle demandé.

Chiffrant les retombées économiques du milieu culturel à plus de 80 G$ par année, la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, a indiqué pour sa part que la présence des artistes à l’étranger génère «de merveilleux contrats pour nos entreprises».

D’autres moyens de pression à venir

Cette manifestion publique, organisée par Culture Montréal, n’est que le premier d’une série de moyens de pression que le milieu culturel montréalais compte exercer au cours de l’automne afin que le gouvernement Harper revienne sur sa décision.

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