Un peu de cœur pour remplir les ventres
Boîtes de conserve, lait maternisé, espèces sonnantes, etc. «Plus que jamais, chaque petit geste compte», insiste Marie Grégoire, porte-parole de Métro pour la 8e Grande Guignolée des médias, dont les dons pour la grande région de Montréal seront remis à Moisson Montréal, à Jeunesse au soleil et à la Société Saint-Vincent-de-Paul.
Conséquence directe de la crise économique, les banques alimentaires crient famine, une situation d’autant plus alarmante que s’approche la période des fêtes.
«Les besoins sont très grands, surtout à cette période de l’année. Cet été, c’était surtout sur le plan des denrées périssables que nous avions des manques, mais présentement, c’est pour les denrées non périssables que les besoins sont criants», indique la directrice général de Moisson Montréal, Johanne Théroux.
Elle affirme sans hésiter que la demande est plus forte auprès des 210 groupes communautaires montréalais qui bénéficient des services de banque alimentaire de Moisson Montréal.
«Nous avions prévu avoir à offrir 13 000 paniers de Noël et 27 000 repas cette année, en nous basant sur les données de 2007. Les chiffres ont dû être révisés à la hausse, nous devrons probablement distribuer plus de 14 500 paniers et plus de 27 000 repas», poursuit-elle.
Généreux et solidaires
Johanne Théroux croit pourtant que la situation actuelle stimulera la générosité des gens, puisque «tout le monde connaît un ami ou un parent qui a perdu son emploi ou qui est sur le point de le perdre».
Marie Grégoire abonde dans le même sens. «Les hauts et les bas de l’économie ont un impact direct dans la vie des gens, et on s’en aperçoit. La Grande Guignolée, c’est un geste de partage et de solidarité. C’est l’accumulation de gestes simples qui peuvent faire la différence», souligne-t-elle.
Selon elle, la lutte à la pauvreté passe aussi par le développement durable. «Le développement durable, ce n’est pas juste l’environnement. C’est aussi la répartition équitable de la richesse, mettre en place des outils d’éducation et assurer la santé, parce que c’est de cette façon que l’on va pouvoir lutter contre la pauvreté.»
La pauvreté à l’année longue
La Coalition contre la précarité, qui regroupe entre autres l’Association pour une solidarité étudiante, profite de l’engouement pour la Grande guignolée pour dénoncer la «déresponsabilisation de l’État en ce qui à trait à la lutte contre la pauvreté».
«Nous ce que l’on dit, c’est que la redistribution de la richesse doit se faire à l’année longue. Les gens n’ont pas juste besoin d’aide à Noël», estime le porte-parole de la Coalition, Pascal Chabot, se désolant aussi du fait que les principaux partis politiques sont rester muets sur la question de la pauvreté.
Quoi donner?
Les produits pour bébés, notamment les formules lactées, les purées, les couches, les denrées alimentaires dont les prix ont augmenté cette année, comme les céréales, les pâtes, le riz, le sucre, ainsi que les boîtes de conserve de toutes sortes seront plus que les bienvenus dans les paniers de collecte. «Certaines familles aprécieront vraiment recevoir un sac de farine ou de sucre. Elles pourront faire de petits miracles avec ça», dit Johanne Théroux.
So-so-solidarité
Les 90 employés en grève du Sheraton Four Points récolte aujourd’hui, de leur piquet de grève érigé devant l’établissement, des dons en argent pour la Grande Guignolée des médias, de 7 h 30 à 17 h 30. Les dons recueillis seront déposés à la Société Radio-Canada en soirée.